Hollande et Mélenchon prennent l’apéro ensemble à l’AFP et pas une seule dépêche

Où était Jean-Luc Mélenchon hier soir ? Avec Jean-Louis Debré. Et Debré ? Avec Pierre Laurent. Et Laurent ? Côte à côte avec Christian Jacob. Mais où était donc Jacob ? Avec Valls. Et Pécresse. Et Hollande. Comment donc ? Hollande et Mélenchon ensemble ? Oui, et ils ont même parlé. Ils ont parlé, et les médias n’en ont rien dit ? Non, parce que l’AFP a tu l’événement.

Que dites-vous ? L’AFP aurait ignoré un événement de cette importance ? Mais où donc s’est produit ce rassemblement clandestin ? Au Siècle ? A Bilderberg ? Dans les Montagnes Rocheuses ? Non. Au siège de l’AFP, à Paris. Et plus précisément, au pot de départ de Sylvie Maligorne, chef du service politique de l’AFP – dont toutes les personnalités ci-dessus mentionnées ont loué le professionnalisme, l’impartialité, etc., etc.

Rien à redire au fait que le Tout-Etat se presse au pot de départ d’une journaliste de l’agence de presse nationale. Plus troublant est le fait que cette agence n’en dise pas un mot sur ses fils. Comme si c’était un événement privé. Un événement privé, ce rassemblement transpartis (à l’exception de tout représentant du FN, tiens tiens) dans les locaux de l’agence ? Evidemment non. Mais traité comme tel. Avec une discrétion qui trahit la crainte que les exclus (suivez mon regard) aillent y dénoncer la connivence de l’agence avec « l’UMPS ».

Et si bien protégé, donc, qu’à l’heure où furète le matinaute, rien ne transpire en ligne de la teneur des apartés, des plaisanteries, du « small talk » entre les uns et les autres. Malgré la densité de journalistes de la presse traditionnelle au mètre carré. Ou plutôt, à cause de cette densité.

L’AFP, un éléphant invisible

Du travail des journalistes de l’agence, rien ne transparaît jamais. Pas de scandale, pas d’expression publique. C’est l’éléphant invisible. Avec tous les journalistes de l’AFP qui, depuis la création de notre émission, ont décliné nos invitations, à Arrêt sur images, on pourrait créer une rédaction mondiale.

Qui, dans le public, connait Sylvie Maligorne, journaliste si bien informée que c’est elle que Hollande appelle directement, pour confirmer sa rupture avec Valérie Trierweiler ? A peine un clapotis dans une longue carrière quand le Premier ministre Jospin, en 2001, dans le vol Rio-Paris, passa à la journaliste un savon mémorable (et totalement injuste), lui reprochant d’avoir sous-estimé, dans ses dépêches, la dimension planétaire de son voyage au Brésil.

Et pourtant, le travail de l’AFP est tout sauf neutre. Que la rédaction en chef de l’agence décide, ou non, de diffuser telle ou telle déclaration, de traiter telle ou telle manif, et cette déclaration, cette manif, existeront (ou non).

Pire : que la rédaction en chef décide « d’urgenter » (ou non) telle ou telle dépêche, et elle tombera dans un trou noir d’indifférence, ou enflammera la pampa. Et ce seront pourtant la même dépêche, le même événement.

Tout progresse : la rédaction vient de créer un blog de making of, souvent passionnant. Mais il ne concerne que le travail des journalistes à l’étranger, et très rarement ceux du service de politique intérieure. Allez, encore un effort. Que se sont dit Hollande et Mélenchon ? On attend le billet de blog.

PS : Sur Twitter, dès jeudi soir, un concours informel pour trouver une légende à la photo De Hollande et Mélenchon à l’AFP était lancé.

Source : Rue 89

La Russie va lancer ses propres cartes de paiement, dit Poutine

La Russie va développer son propre système de cartes de paiement pour réduire sa dépendance vis-à-vis des entreprises occidentales et limiter l’impact éventuel de sanctions américaines et européennes, a annoncé jeudi le président Vladimir Poutine.

Visa et MasterCard, les deux principaux émetteurs américains de cartes de crédit, un moyen de paiement très répandu en Russie, ont restreint ces derniers jours les services qu’ils offrent à certaines banques russes.

"Nous devons absolument faire cela, et nous allons le faire", a dit Vladimir Poutine à des parlementaires lors d’une réunion consacrée à l’intégration la Crimée dans la Fédération de Russie.

L’Union européenne et les Etats-Unis considèrent ce rattachement comme une annexion illégale et ont adopté des sanctions contre un certain nombre de personnalités politiques et économiques russes.

Visa et MasterCard ont suspendu les services fournis aux clients de plusieurs autres banques dont des actionnaires figurent sur la liste des sanctions américaines. Ils ont toutefois repris ces services, Washington ayant précisé que les sanctions ne s’appliquaient pas aux établissements bancaires eux-mêmes.

"Il est vraiment trop dommage que certaines entreprises aient décidé (..) des restrictions", a dit Vladimir Poutine, sans désigner Visa et MasterCard. "Je crois que pour elles, cela se traduira simplement par la perte de certains segments du marché, un marché très rentable."

 

Source : Les Echos

Notre civilisation est condamnée, selon une étude de la Nasa

Une étude du Centre de vols spatiaux Goddard de la NASA relayée par la RTBF explique que la civilisation tel que nous la connaissons aujourd’hui pourrait bien disparaître dans les prochaines décennies en raison d’un problème de gestion des ressources naturelles et d’une mauvaise répartition des richesses.

L’étude se fonde sur un nouvel outil analytique, baptisé "HANDY", pour Human and Nature Dynamical, mis au point par le mathématicien Safa Motesharrei du Centre national de synthèse socio-environnemental. L’étude a été publiée dans le Elsevier Journal Ecological Economics.

En étudiant l’histoire des civilisations, les chercheurs ont ainsi mis en évidence les raisons qui ont contribué à leur chute, que ce soit les Mayas ou encore l’empire romain. Une série de facteurs liés entre eux seraient donc à prendre en compte, parmi lesquels le climat, la population, l’eau, l’agriculture ou encore l’énergie.

Selon la RTBF, Safa Motesharri et ses collègues expliquent qu’il y a deux scénarios possibles pour l’homme du XXIe siècle. Le premier serait la réduction, par la famine, des populations pauvres. "Dans ce cas, la destruction de notre monde ne serait donc pas due à des raisons climatiques, mais à la disparition des travailleurs", note le site belge d’information.

"Le second scénario catastrophe repose sur la surconsommation des ressources qui entraînerait un déclin des populations pauvres, suivi par celui, décalé dans le temps, des populations riches", ajoute-t-il.

Fait notable, selon les chercheurs, plusieurs empires ont disparu notamment à cause de l’aveuglement des élites qui, jusqu’au bout, se croyaient protégées et ont refusé de réformer leur système de vivre-ensemble.

Si ces scénarios paraissent difficiles à éviter, les scientifiques mettent en avant la nécessité urgente de "réduire les inégalités économiques afin d’assurer une distribution plus juste des ressources, et de réduire considérablement la consommation de ressources en s’appuyant sur des ressources renouvelables moins intensives et sur une croissance moindre de la population."

 

Sources : Le Monde et Slate

Facebook veut connecter le monde à Internet grâce à des drones

Titan Aerospace fabrique des drones «atmosats», qui fonctionnent comme des satellites.
Titan Aerospace fabrique des drones «atmosats», qui fonctionnent comme des satellites.

Le réseau social serait en discussion pour racheter Titan Aerospace, un fabricant de drones à énergie solaire.

On connaît l’utilisation des drones dans le domaine militaire. On ignore en revanche leur utilité humanitaire. D’après le magazine en ligne TechCrunch, Facebook serait en discussion afin de racheter l’entreprise américaine Titan Aerospace, qui fabrique des drones à énergie solaire. Le site Internet, qui évoque une source anonyme proche du dossier, avance un chiffre d’acquisition de 60 millions de dollars (44 millions d’euros).

Fondé en 2012, Titan Aerospace fabrique des drones «atmosats», qui fonctionnent comme des satellites, mais en suspension près de la Terre plutôt que dans l’espace. La commercialisation des premiers drones de Titan Aerospace est normalement prévue en 2015. Facebook s’intéresserait particulièrement à son modèle le plus récent: le Solara 60, capable de supporter des charges de plus de 100 kg. D’après TechCrunch, l’entreprise de Mark Zuckerberg souhaiterait utiliser ces appareils à des fins de communication et envisage d’ores et déjà d’en produire 11.000.

Des drones et des ballons

Les drones de Facebook pourraient être destinés à apporter une connexion Internet aux populations les plus défavorisées. L’entreprise de Mark Zuckerberg est l’un des principaux investisseurs du projet Internet.org. Ce dernier vise à relier à Internet les cinq milliards de personnes dans le monde qui en sont dépourvus faute de moyens financiers et matériels. «Nous avons déjà investi plus d’un milliard de dollars pour connecter les habitants de pays en voie de développement, au cours des dernières années, et nous avons prévu de continuer», expliquait en août 2013 le PDG de Facebook. L’acquisition de TitanAerospace serait un levier d’accélération considérable pour ce projet, également soutenu par d’autres géants du Web et des télécommunications tels Samsung, Ericsson, MediaTek, Nokia, Opera et Qualcomm.

Facebook n’est pas la première entreprise à investir des milliards par excès d’altruisme. En juin 2013, Google prenait également la voie des airs afin de connecter à Internet les populations défavorisées. Baptisé Loon, son projet consiste à équiper des ballons d’hélium avec des antennes et des panneaux solaires. Ils peuvent fournir une couverture Internet avec un débit équivalent à celui de la 3G. Ce projet, encore en test, a déjà donné lieu à un lâcher de ballons au sud de la Nouvelle-Zélande ainsi qu’à des essais en Californie. Il a néanmoins déjà été largement critiqué, notamment par Bill Gates, qui estime qu’il y a bien d’autres urgences que de connecter les pays pauvres à Internet. «Aucune page Web ne pourra soulager un enfant qui souffre de diarrhée», tranche le cofondateur de Microsoft. Beaucoup s’inquiètent aussi du conflit d’intérêts issu de ces investissements à but humanitaire, qui peuvent être animés par un tout autre désir: celui d’acquérir des parts de marché.

Les entreprises ne sont pourtant pas les seules à vouloir connecter le monde à Internet. Le Media Development Investment Fund, une organisation américaine à but non lucratif, prévoit de son côté d’envoyer en orbite une constellation de minisatellites afin de diffuser gratuitement une version simplifiée d’Internet, l’Outernet.

 

Source : Le Figaro

Frustrée, la jeunesse française rêve de révolte

Des jeunes en service civique, à Saumur, le 19 décembre 2013.
Des jeunes en service civique, à Saumur, le 19 décembre 2013. | EDOUARD CAUPEIL/PASCO POUR "LE MONDE"

L’autoportrait est sombre. Amenés à définir leur génération, ce sont les mots « sacrifiée » ou « perdue » qui leur viennent le plus souvent à l’esprit. A l’automne 2013, les jeunes de 18 à 34 ans étaient conviés par France Télévisions à répondre à un long questionnaire en ligne sur eux-mêmes et leur génération. 210 000 se sont pris au jeu de cette opération « Génération quoi ? ». Leurs 21 millions de réponses fournissent un matériau de recherche exceptionnel pour les deux sociologues de la jeunesse Cécile Van de Velde et Camille Peugny, maîtres de conférences respectivement à l’EHESS et à l’université Paris-VIII, qui ont contribué à concevoir le questionnaire. Ils en tirent aujourd’hui pour Le Monde les principaux enseignements, en se focalisant sur la tranche d’âge des 18-25 ans, centrale pour l’analyse.

 

  • La vie en noir

Interrogés sur leur devenir personnel, les jeunes répondants sont près des deux tiers à se déclarer plutôt ou très optimistes. En revanche, le regard qu’ils portent sur le destin de leur génération est extrêmement sombre. Vingt ans n’est pas le plus bel âge de la vie, pensent-ils majoritairement (à 51 %). Les mots-clés librement choisis pour définir leur génération sont édifiants : « sacrifiée », « perdue ». Et encore (après « Y », « Internet », « connectée »), « désabusée », « désenchantée », « galère »… « Autant ‘‘sacrifiée” est un terme qui a pu être induit par le discours des médias, analysent Cécile Van de Velde et Camille Peugny, autant ‘‘perdue” semble un choix spontané. » Donc révélateur.

Seuls 25 % des 18-25 ans ont la conviction que leur vie sera meilleure que celle de leurs parents. Ils sont 45 % à imaginer qu’elle sera pire, 29 % qu’elle sera semblable. Près d’un tiers (33 %) sont persuadés qu’ils ne connaîtront jamais autre chose que la crise. Quant à la vie de leurs propres enfants, 43 % pensent qu’elle sera encore pire que la leur. A toutes ces questions, les jeunes femmes répondent de façon encore plus pessimiste que leurs congénères masculins. « Ces pourcentages sont très élevés, sachant que les jeunes sont, dans la plupart des enquêtes, plus optimistes que leurs aînés. Ils le sont d’ailleurs dans cette enquête concernant leur avenir personnel, remarque M. Peugny. Ce qui apparaît ici, c’est le poids du discours de crise dans lequel nous baignons désormais, et le sentiment d’être pris dans une spirale du déclassement. »

Deux pondérations à apporter, selon lui, néanmoins. Les participants peuvent avoir été tentés de « surjouer un discours noir et cynique, ce qui est une manière de conjurer le sort ». Surtout, cette génération est fortement clivée en fonction des parcours et des statuts, précaires ou non. Ce n’est pas une mais des jeunesses qui se dessinent. En passant des étudiants ou salariés en CDI aux chômeurs-intérimaires-inactifs, le pessimisme gagne 20 points. L’expérience du chômage affecte fortement la projection dans l’avenir.

  • Un besoin de reconnaissance

« Les 18-25 ans qui ont participé font voler en éclats le mythe d’une société méritocratique » : voilà le second enseignement majeur de l’enquête, à entendre les deux sociologues. Près des trois quarts (70 %) d’entre eux ont le sentiment que la société française ne leur donne pas les moyens de montrer ce dont ils sont capables. « C’est massif, et en forte progression. En 2006, ils étaient 53 % dans ce cas. »

Les jeunes se montrent très sévères sur le fonctionnement du système éducatif à la française. Récompense-t-il le mérite ? Non, à 61 %. Donne-t-il sa chance à tous ? Non, à 61 %. Logiquement, plus le statut du jeune est précaire, plus son opinion est négative. Des réponses lourdes de rancoeurs dans une société « où formation initiale et diplôme exercent une si forte emprise sur les parcours de vie ».

D’autant que dans la sphère professionnelle non plus, les jeunes n’ont pas l’impression que leurs mérites et efforts soient récompensés. 60 % des répondants ne se croient pas payés, par exemple, à la hauteur de leurs qualifications.

Dans cette enquête transparaît donc, selon Cécile Van de Velde, « une génération consciente, lucide, désillusionnée, selon laquelle les instruments de mobilité sociale ne fonctionnent pas ». « Les jeunes se sentent abandonnés par la société. Ils ne sont pas aux commandes de leur vie, ils subissent. Sont frustrés de ne pas pouvoir faire leurs preuves, montrer qui ils sont. » Pour réussir dans la vie, la moitié des répondants pense donc ne pouvoir compter que sur soi-même. « Les jeunes sont individualistes, libéraux, par dépit plus que par essence. » Puisque très majoritairement (77 %), ils estiment également que dans la vie, on ne peut pas s’en sortir sans solidarité.

  • La valeur travail

Les jeunes valorisent d’autant plus le travail qu’il leur échappe, un quart d’entre eux connaissant le chômage. Seule une toute petite frange le rejette, envisageant de vivoter en marge du système. 81 % des répondants disent que le travail est important dans leur vie. Et pas seulement pour gagner de l’argent. La moitié déclare que travailler sert avant tout à s’épanouir. « Qu’ils soient soucieux de l’équilibre vie privée-vie professionnelle ne veut pas dire que la valeur travail se perd », commente Camille Peugny, pour qui rien n’est plus faux que les clichés sur une « génération feignasse » : « Impossible de faire une conférence sur les jeunes sans qu’un manager assure qu’à peine arrivés en entreprise, les jeunes ne s’intéressent qu’à leurs RTT. Platon déjà évoquait la décadence de la jeunesse, c’est un discours vieux comme le monde, lié au cycle de l’âge, à la difficulté à concevoir le changement apporté par les jeunes. »

A la question « Actuellement, es-tu épanoui dans ton travail ? », 62 % des 18-25 ans ont acquiescé. Mais la statistique chute à 43 % pour les intérimaires… L’enquête Génération quoi ? fournit le plus grand échantillon d’intérimaires jamais réuni (8 000 répondants dans cette situation), et leur « souffrance » saute aux yeux des sociologues. « Il faut sortir du discours sur l’intérim choisi. Ces jeunes veulent travailler davantage, ils ont le sentiment insupportable que leur destin est aux mains des autres, que leur sort dépend d’un coup de téléphone, ce qui interdit toute projection dans l’avenir. »

  • La tentation du départ

« T’installer à l’étranger, ça te tente ? » Evidemment oui, cela tente les trois quarts des participants à l’enquête. Inhérente à la jeunesse, cette envie d’aller voir ailleurs est plus que jamais valorisée dans la société. Mais 24 % des jeunes se sont reconnus dans une expression volontairement rageuse, hargneuse, qui leur était suggérée : « Dès que je peux, je me barre. » « Une réponse aux portes fermées pour tous les jeunes dans l’impasse, chômeurs, petits contrats, stagiaires… », à en croire les sociologues.

  • Famille, je t’aime

Toutes les questions portant sur les relations au sein de la famille suscitent des réponses unanimement positives. La famille apparaît plus que jamais comme la valeur refuge. S’ils doivent qualifier leurs relations avec les parents, 27 % des jeunes les décrivent comme « idéales », 53 % comme « cool », seuls 10 % les jugent « moyennes » ou « hypertendues ». Les parents, assurent-ils, sont fiers de leur parcours (89 %), les soutiennent dans leurs choix (91 %). Pour Camille Peugny, « les parents ont intériorisé le fait que la situation des jeunes est extrêmement difficile. Les quadras et quinquagénaires ont eux-mêmes connu la crise. Fini, les réflexions désagréables. Les deux générations sont solidaires dans la crise. Moralement et matériellement. »

Une bonne moitié des jeunes (53 %), même actifs, dit recevoir des aides parentales. Dans les familles, l’inquiétude est partagée. « Est-ce que tes parents sont angoissés par ton avenir ? » 63 % pensent que oui. Les réponses positives montent logiquement à 80 % pour les jeunes chômeurs ou inactifs. Mais atteignent tout de même 63 % chez les étudiants, et encore 47 % chez les jeunes en CDI. Même ce sésame recherché par tous ne parvient pas à apaiser l’anxiété familiale. « Cela rejoint les enquêtes sur les angoisses scolaires, la pression du diplôme, poursuit M. Peugny. Et cela montre que les parents sont parfois un brin schizophrènes : ce sont les mêmes qui, dans leurs fonctions en entreprise, ne sont guère pressés d’intégrer les jeunes dont ils ont une image peu flatteuse. »

  • La faute aux baby-boomers

Autre ambivalence, chez les jeunes cette fois : ils ne sont pas en conflit avec la génération parentale parce que les relations sont souples, les solidarités fortes. Mais cela ne les empêche pas d’en vouloir à leurs aînés de ne pas leur faire de place dans la société. Pour un jeune sur deux, les générations précédentes sont responsables de leurs difficultés. « C’est assez nouveau en France, et l’on peut penser que cela monte, surtout chez les étudiants, observe Cécile Van de Velde. Le problème d’équité entre générations se conscientise, sans doute du fait de la politique d’austérité, de la réforme des retraites et des débats sur le poids de la dette. Les jeunes pensent qu’ils font les frais de tout cela. » Mais sur une même génération, leur regard est double. Les mêmes qui disent « Marre des baby-boomers, on paye pour leur retraite, nous on n’en aura pas » ne veulent surtout pas que la retraite de leurs parents soit amputée – c’est particulièrement frappant chez les jeunes filles. « Ce qui explique en partie pourquoi le mouvement des Indignés a si peu pris en France… »

  • La politique, ils n’y croient plus

Vis-à-vis d’elle, la défiance est énorme. Près de la moitié (46 %) des répondants n’ont pas du tout confiance dans les femmes et hommes politiques. Certes, ils sont encore plus nombreux à se méfier des institutions religieuses (60 %) Et presque aussi sceptiques à l’égard des médias (40 % de non-confiance) que des politiques.

Mais pour la moitié des 18-25 ans, c’est tout vu, les politiques sont « tous corrompus ». Ces derniers ont bien encore du pouvoir (64 % des réponses), mais l’utilisent mal, puisqu’ils laissent la finance diriger le monde (90 %). La charge est violente, aux yeux des deux sociologues : « Les jeunes expriment une demande d’Etat, en souhaitant par exemple que leur période de formation soit financée. Ils pensent que les politiques, s’ils en avaient le courage, pourraient avoir une influence sur leur vie. Mais qu’ils ont laissé la finance prendre le pouvoir. Il y a du mépris dans ce regard des jeunes. Ils n’y croient plus. »

Chez eux, jeunes diplômés en tête, le sentiment que droite et gauche se valent semble encore plus fort que dans l’ensemble de la population. « Ils font l’expérience de la désillusion politique. C’est la première fois qu’ils vivent la gauche au pouvoir. Et ils ont le sentiment que rien ne change pour eux. » Voilà qui poussera massivement à l’abstention, anticipent les chercheurs. « Ce sont des gens informés, qui ne se fichent pas de la politique, qui ont des habitudes participatives liées à l’usage des réseaux sociaux. Mais l’offre politique ne répond pas à leurs attentes. La démocratie ne s’adresse pas à eux. Ils n’iront pas voter mais ce sera une abstention politique, réfléchie, presque militante. »

S’ils critiquent au plus haut point la politique traditionnelle, les 18-25 ans s’engagent plus volontiers dans un militantisme de terrain : manifestations, associations, solidarités locales… Leur altruisme semble plus marqué que celui du reste de la population. 80 %, par exemple, seraient favorables à un service civique obligatoire. Autre valeur classique de la jeunesse, la tolérance demeure forte (70 % estiment que l’immigration est une source d’enrichissement culturel) mais semble s’éroder. « A l’image de ce qui se passe dans l’ensemble de la société, une grosse minorité campe sur des positions autoritaires et xénophobes. Une véritable bombe à retardement, craint Mme Van de Velde. Ce sont les jeunes invisibles, dans des vies d’impasse, perdants de la mondialisation. Beaucoup de ruraux et de périurbains, en difficulté, déclassés. Ils sont souvent tentés par le Front national. » Un tiers des répondants envisagent que des emplois puissent être réservés aux Français.

  • Un vent de révolte

Une Cocotte-Minute qui n’aurait pas de soupape. Telle est l’inquiétante image choisie par les deux sociologues pour décrire le « fort potentiel de révolte » perçu au travers de cette vaste enquête. « C’est une génération qui veut entrer de plain-pied dans une société vieillissante. Elle enrage de piétiner à son seuil. Elle ne veut rien renverser, elle n’est pas en conflit de valeurs, mais elle trouve toutes les portes fermées, et elle envoie un avertissement. »

Besoin d’expression étouffé. Frustrations de ne pas avoir de place, de n’obtenir aucune reconnaissance sociale, de ne pouvoir devenir des citoyens à part entière, dotés d’un travail et d’un logement. Trajectoires déviées parce que l’emploi trouvé ne correspond pas aux études. Craintes pour l’avenir. Défiance vis-à-vis du politique… « Ce sentiment d’être privés de l’essentiel constitue un terreau fertile à la contestation. »

Jamais la jeunesse, en France, n’a été aussi éduquée. Lorsqu’ils sont chômeurs, stagiaires, coincés dans l’intérim, ces enfants de la démocratisation scolaire et de la mondialisation culturelle, extrêmement informés, vivent comme une indignité de devoir se contenter de survivre alors que leurs études ont fait naître de forts espoirs. D’où cette frustration existentielle et cette capacité à développer un discours de plus en plus critique sur l’épreuve sociale qu’ils traversent. « Un ‘‘nous" pourrait se former, croient les sociologues, si les diplômés étaient rejoints par les jeunes en désespérance sociale. »

Lire notre reportage à Saumur : Camille, 19 ans : « Les politiques ne changent pas notre vie »

A la question « Est-ce que tu participerais à un mouvement de révolte type Mai 68 demain ou dans les prochains mois ? », ils sont 61 % à dire oui. Tous quasiment égaux dans la colère, femmes et hommes tirés d’affaire et jeunes en galère… 66 % des intérimaires. 63 % des chômeurs. 60 % des étudiants. Et même 54 % des employés en CDI !

« Les jeunes ne sont pas dans la résignation. Il y a une énergie latente, comme en 1968 », perçoit Cécile Van de Velde. En temps de crise, explique-t-elle, on peut adopter une stratégie d’adaptation au système (loyalty), de départ (exit), ou de révolte (voice). « ‘‘Loyalty" pourrait bien se transformer en ‘‘voice" si rien ne bouge… Il suffit d’une étincelle… » Et d’une figure cible. La chance des politiques jusqu’à présent ? Qu’il soit plus malaisé de se rebeller contre un ennemi lointain et abstrait – la finance, la mondialisation, l’Europe – que contre la génération de ses parents, comme en 1968.

 

Source : Le Monde

L’article à lire sur l’Ukraine si vous voulez comprendre la crise

Pourquoi les manifestants veulent le départ du président ? Quelles sont les raisons des violences qui agitent le pays ? Quels enjeux cachent ce conflit ? Francetv info vous explique tout ce qu’il faut savoir sur la situation.

Un manifestant à Kiev brandit un drapeau ukrainien, le 20 février 2014.
Un manifestant à Kiev brandit un drapeau ukrainien, le 20 février 2014. (LOUISA GOULIAMAKI / AFP)

L’Ukraine s’enfonce dans la violence : jeudi 20 février, les affrontements entre manifestants et forces de l’ordre ont fait plus de 60 morts à Kiev, trois mois après le début de mouvements de protestation massifs.

Intérêts russes, accord avec l’Union européenne, pays divisé et images de manifestants ensanglantés : si tout cela s’emmêle dans votre esprit (on vous comprend), francetv info vous propose cet article pour y voir clair.

C’est quoi l’Ukraine ?

Comme vous pouvez le voir sur la carte, l’Ukraine est frontalière de la Pologne et la Roumanie à l’ouest, de la Russie à l’est. Le pays est un peu plus grand que la France métropolitaine (579 330 km2, contre 549 970 km2). Les 44,6 millions d’Ukrainiens parlent deux langues, l’ukrainien et le russe. Ils sont majoritairement orthodoxes.

L’Ukraine a été souvent dominée par ses voisins. A la rencontre de l’Europe et de la Russie, son nom signifie "frontière". L’URSS a été le dernier pays à dominer l’Ukraine. Elle n’est devenue indépendante qu’avec sa chute, en 1991. Ce pays a été très important pour la Russie dont il a été "le grenier" puis le fleuron de son industrialisation.

En 2012, l’Ukraine se classait 78e à l’Indice de développement humain (IDH). Son indice est comparable à celui du Pérou ou de l’Iran. La France, elle, est 20e. Depuis la chute de l’URSS, la croissance ukrainienne fait le yoyo. En chute libre au début des années 90, elle rebondit au début des années 2000, avant de replonger brutalement en 2009, puis de reprendre. Aujourd’hui, la croissance est en berne (0,4% en 2013). Le pays a un gros problème de corruption. Transparency International le classe 144e sur 177 à l’indice de perception de la corruption, au niveau de pays comme la Centrafrique.

Quand est-ce que ça a commencé à mal tourner ?

Le 21 novembre 2013, Kiev suspend les négociations sur un accord d’association avec l’Union européenne. Les tractations duraient depuis cinq ans et la signature était prévue pour la semaine suivante. S’en suit une vague de manifestations à Kiev. Les protestataires réclament la signature de l’accord. Les manifestations sont violemment réprimées. Il y a de nombreux blessés. C’est un déclic.

Mais ce n’est pas tout. Dans les cortèges, des manifestants scandent "Ianoukovitch [le président] dégage !" et brandissent des pancartes où est inscrit "Nous ne sommes pas l’URSS, nous sommes l’UE". Dès le début apparaissent donc deux lignes de fractures : le rejet du président et le rejet de l’influence russe.

Attendez, je ne vois pas le rapport entre l’accord, le président ukrainien et la Russie. Vous m’expliquez ?

Commençons par le président Viktor Ianoukovitch. En 2004, il est élu président pour la première fois. Enfin, "élu" lors d’un scrutin truqué. D’ailleurs, ça ne passe pas. Deux jours après son élection, 500 000 personnes se rassemblent à Kiev en soutien à son opposant : Viktor Iouchtchenko, pro-européen. C’est la "révolution orange".

Elle débouche sur une nouvelle élection présidentielle. Ianoukovitch, soutenu par Poutine, est cette fois battu par Iouchtchenko. Mais la "révolution orange" ne porte pas ses fruits et Ianoukovitch revient au pouvoir en 2010. Il se présente à l’époque comme plutôt pro-européen et son revirement a surpris les Ukrainiens qui l’ont vécu comme une trahison.

Il y a un autre aspect de sa personnalité qui déplaît. Viktor Ianoukovitch a des goûts de luxe qui s’accompagnent d’accusations de corruption contre son clan qu’il a placé aux postes clés. Le fils de Ianoukovitch est entré en seulement un an dans le club des cinq hommes les plus riches du pays. Car, comme l’explique Le Figaro, en Ukraine, business, politique et corruption sont indissociables. Le journaliste Roman Tsupryk explique au quotidien que l’Ukraine est une "kleptocratie qui freine la démocratisation et la modernisation du pays".

L’accord avec l’UE est donc un prétexte pour les manifestants qui réclament un changement de régime et plus de démocratie.

Et la Russie ?

L’Ukraine a eu une histoire mouvementée. Elle est sujette à des tensions entre les populations de l’est et de l’ouest. A l’ouest, vers la Pologne, on trouve des populations ukraïnophones plutôt pro-européennes, nationalistes. A l’est, près de la Russie, des populations russophones plutôt pro-Ianoukovitch (il en est originaire) et pro-russes.

Les résultats du président Ianoukovitch à l'élection présidentielle de 2010.
Les résultats du président Ianoukovitch à l’élection présidentielle de 2010. (IVANGRICENKO / CREATIVE COMMONS)

C’est là que la Russie entre en jeu. Le président russe Vladimir Poutine veut une grande union eurasienne. Elle ne peut pas se faire sans l’Ukraine. De plus, le gaz russe exporté vers l’Europe transite par l’Ukraine. Enfin, l’Ukraine n’est pas qu’un enjeu économique et stratégique, pour la Russie, c’est aussi un enjeu symbolique. Qu’elle gagne le camp occidental fragiliserait le président Vladimir Poutine, qui n’a plus l’aura d’hier dans son propre pays.

Bref, pour la Russie, l’Ukraine doit rester un allié. C’est pourquoi Moscou a offert le 17 décembre un rabais de 30% sur le gaz et 15 milliards de dollars de crédit pour garder Kiev dans son giron. Une offre d’autant plus difficile à refuser que la Russie est le premier client de l’Ukraine.

Aujourd’hui, les manifestants ukrainiens reprochent aussi au président Ianoukovitch d’avoir bradé leur pays à Moscou.

Tous ces événements se passent en novembre et décembre. Pourquoi est-ce que la protestation n’est pas retombée depuis ?

En grande partie parce que le président Ianoukovitch ne cesse de louvoyer, faisant mine de lâcher du lest pour revenir avec plus de fermeté ensuite.

Début janvier, la situation a semblé se tasser. Mais, le 16 janvier, le mouvement de contestation est reparti de plus belle quand le régime a fait voter un chapelet de lois liberticides. Contraint de négocier, Ianoukovitch remanie son gouvernement, amende les lois, mais refuse des élections anticipées, maintient la répression et se fait porter pâle. Finalement, la contestation se durcit et compte des manifestants de plus en plus radicaux.

Et puis, mardi 18 février, une "offensive pacifique" dégénère. Les forces antiémeutes lancent une "opération antiterroriste" et marchent sur la place Maïdan où se trouvent les manifestants. Bilan : 25 morts. Alors que le bras de fer s’engage, le président semble encore une fois lâcher du lest en annonçant la signature imminente d’un accord politique. Coup de bluff ? Pour l’instant, les diplomates européens ne confirment pas.

Que font l’UE et les Etats-Unis ?

On ne peut pas dire que l’Union européenne a été très offensive sur ce dossier. Comme le remarque Le Figaro, l’Europe est "atone", intimidée par cette "grande puissance énergétique" (le Russie) et "guère pressée d’accueillir en son sein une Ukraine divisée". La répression sanglante des derniers jours l’a un peu réveillée : elle envisage des sanctions et une troïka européenne (Allemagne, France, Pologne) est partie négocier à Kiev.

La mollesse de l’Union européenne a le don d’agacer les Etats-Unis. Dans un enregistrement publié le 6 février sur YouTube, la secrétaire d’Etat adjointe américaine pour l’Europe, Victoria Nuland, lâche un délicat : "Fuck the EU !" (Que l’Union européenne aille se faire foutre !)

Mais on ne peut pas dire que les Américains ont été beaucoup plus actifs. Ils ont été refroidis par leur soutien à la Géorgie, en 2008, mâtée ensuite par les troupes russes. Et, comme le relève encore Le Figaro, Poutine est aujourd’hui le casse-tête de Washington, de l’affaire Snowden à la Syrie.

Comment cela va-t-il se terminer ?

Pour le moment, le pays est dans l’impasse. L’opposition ne tient pas la rue. Le régime a perdu en crédibilité. Moscou ne semble pas disposée à apaiser la situation. Les chancelleries occidentales semblent impuissantes. Le pire scénario serait une guerre civile généralisée, des Ukrainiens tirant sur des Ukrainiens.

Néanmoins, les oligarques qui entourent le président pourraient faire pression sur lui, de peur de voir le pays s’embraser ou de subir des sanctions européennes. Rinat Akhmetov, l’homme le plus riche d’Ukraine et le principal soutien financier du parti de Ianoukovitch, a condamné les violences meurtrières : "Les victimes humaines (…) sont un prix inacceptable pour des erreurs politiques." Il a appelé à "revenir à la table des négociations et à ne pas arrêter une minute ce processus".

J’ai eu la flemme de lire l’article en entier et j’ai scrollé vers le bas, vous pouvez me faire un résumé ?

Depuis novembre, l’Ukraine est agitée par des manifestations toujours plus violentes. L’élément déclencheur a été un accord d’association avec l’Union européenne. Une partie de la population y était très favorable, mais le président ukrainien y a renoncé au dernier moment. C’est que la Russie veut que l’Ukraine intègre sa future union eurasienne. Moscou redoute que son voisin ne quitte son giron.

Les Ukrainiens sont divisés depuis longtemps entre pro-européens et nationalistes à l’ouest et pro-russes à l’est. Mais ils sont de plus en plus agacés par leur président et la corruption de son régime. Les manifestants réclament plus de démocratie. Le président ukrainien a tergiversé pour tenter d’amadouer la contestation. Il a finalement opté pour la force face aux manifestants, mardi 18 février. Le pays est à deux doigts de basculer dans la guerre civile.

 

Source : France TV Info

Ces musulmans qui plébiscitent l’école catholique

Les familles musulmanes viennent chercher dans les écoles catholiques un encadrement, un suivi différents.
Les familles musulmanes viennent chercher dans les écoles catholiques un encadrement, un suivi différents. Crédits photo : Kostyantyn Ivanyshen/Kostyantyn Ivanyshen – Fotolia

REPORTAGE – L’école catholique accueille de plus en plus d’élèves de confession musulmane depuis les années 1970.

«Depuis quelque temps, beaucoup de familles musulmanes me questionnent sur l’école catholique. Elles s’inquiétaient déjà des questions de sexualité et d’homosexualité abordées à l’école. Avec ces rumeurs de théorie du genre, elles s’affolent. Ce qui les fait revenir sur terre, c’est le prix», explique Chawki Belaliat, père musulman de deux enfants. S’il a fait le choix de l’enseignement catholique, c’est pour «le niveau scolaire» et pour échapper à l’école publique classée ZEP, à Nice nord. Dans une école privée, il a trouvé des valeurs proches des siennes: «Des croyances qui ne seront pas tournées en dérision, une atmosphère, des valeurs de fraternité et de partage, des exemples de personnes qui ont une foi et qui ont réussi.»

Plus complexes qu’il n’y paraît, les motivations des familles musulmanes sont faites de paradoxes et d’inquiétudes. «Dans le public, elles craignent l’athéisme, dans le privé catholique l’évangélisation. Pour mettre son enfant dans un établissement catholique, il faut une certaine ouverture d’esprit», indique Chawki Belaliat. Les musulmans qui inscrivent leurs enfants dans une école catholique le font pour trois raisons. Il y a ceux -minoritaires – pour lesquels le caractère religieux est primordial, indispensable à une éducation traditionnelle permettant l’harmonie entre milieu familial et milieu scolaire. «Le choix scolaire est fortement lié à un sentiment éthique de la famille», analyse la sociologue Sylvie Mazzella. Les termes de respect et d’autorité reviennent souvent dans leurs propos. Plus nombreux sont les parents qui évoquent la transmission de valeurs morales et l’acquisition de bonnes manières. «J’ai inscrit ma fille dans cet établissement parce que les valeurs morales me correspondent. Et parce que je souhaitais la protéger d’une vie sentimentale trop précoce», explique une mère musulmane du très chic établissement parisien Saint-Jean-de-Passy, venue assister début février à une conférence sur le «genre»… Pour le groupe majoritaire chez les parents, il s’agit d’échapper à l’école publique d’à côté, jugée laxiste ou mal fréquentée.

«Un suivi différent»

Les débats sociétaux actuels auront-ils une incidence sur la fréquentation des établissements catholiques par les musulmans? En cette fin de période d’inscriptions pour septembre, les responsables n’ont pas remarqué de pression à la hausse. L’école catholique accueille toutefois des élèves de culture musulmane, de façon grandissante depuis les années 1970. «Nous suivons l’évolution démographique», observe Claude Berruer, secrétaire général adjoint de l’enseignement catholique. Les musulmans représentent la moitié des effectifs de deux collèges privés de Roubaix. En Seine-Saint-Denis, les établissements catholiques comptent un tiers d’élèves de culture musulmane, voire davantage. Une situation similaire dans la périphérie de Lyon, Saint-Étienne, et dans les quartiers nord de Marseille où un collège en reçoit 98%! Ces cas restent toutefois particuliers car liés à une implantation scolaire dans des zones «ghettos» peuplées par des populations d’origine immigrée. Le collège Saint-Joseph compte 80% d’élèves d’origine maghrébine, une proportion stable. «Les familles musulmanes viennent chercher chez nous un encadrement, un suivi différents. Elles viennent aussi parce que l’on parle de Dieu de façon ouverte et que nous transmettons les valeurs du vivre ensemble, du respect de soi, de l’autre, de l’adulte, des autorités. Choses qui n’existent plus dans les quartiers», explique Dominique Rabier, chef de cet établissement. Outre le public et le privé catholique, les familles ont depuis quatre ans un troisième choix: le collège-lycée musulman Ibn Khaldoun privé hors contrat. Un établissement recherché par les parents pour des motifs là clairement religieux.

 

Sources : Le Figaro et E&R

Suicide des patrons de PME : la terrible réalité

En cette Journée de prévention du suicide, les professionnels alertent sur le fait que de plus en plus de patrons de PME mettent fin à leurs jours.

Le tribunal de commerce de Saintes (Charente-Maritime) a mis sur pied une cellule psychologique
Le tribunal de commerce de Saintes (Charente-Maritime) a mis sur pied une cellule psychologique (LP/Philippe de Poulpîquet.)

L’histoire avait frappé les esprits. En juin 2007, dans l’un des derniers bastions industriels des Cévennes, le fondateur de Jallatte, devenu en un demi-siècle le numéro un de la chaussure de sécurité, se tirait une balle dans la . A 88 ans, Pierre Jallatte n’avait pas supporté la décision des nouveaux propriétaires de délocaliser la production du site historique de Saint-Hippolyte-du-Fort (Gard) vers la Tunisie. La de ce patron, respecté de tous, eut un immense retentissement. Le reste du temps, le des patrons fait rarement la une.

Un phénomène difficile à mesurer

Alors que se déroule aujourd’hui la Journée de prévention du suicide (lire encadré), le sujet est resté jusqu’ici dans l’ombre. Il est d’ailleurs tabou chez la plupart des chefs d’entreprise. Vouant un culte à la performance, ces derniers passent très souvent sous silence leurs difficultés vécues comme un insupportable échec personnel. « Quand une entreprise va mal, on pense systématiquement aux salariés mais on oublie la souffrance des patrons », confirme Fanny Gamelin, dont le père se suicida en 2008 quelques jours après le placement de son entreprise en redressement judiciaire (lire article suivant).

Sujet occulté aussi dans une société où le mal-être au travail ne peut être que celui des salariés et presque jamais celui du chef d’entreprise, jugé probablement dans l’opinion publique comme le coupable et jamais la victime de la souffrance au bureau ou à l’usine. Pourtant, « depuis les vagues de suicide chez Renault en 2006-2007 et chez France Télécom entre 2008 et 2010, on sait que les conditions de travail peuvent être une raison du passage à l’acte. Cette prise de conscience est récente, mais lorsqu’un salarié se donne la mort, cela est traité dans les journaux comme un fait de société alors que le suicide d’un patron est généralement considéré comme un fait divers », souligne Olivier Torres , un universitaire qui s’est fait une spécialité d’ausculter la santé des chefs d’entreprise.

Et, selon ce chercheur, les suicides de patrons, et notamment des dirigeants de PME, d’artisans ou de commerçants n’ont jamais été aussi nombreux. Surendettement, dépôt de bilan, licenciements… impuissants à faire face, ils seraient, comme les agriculteurs, un à deux à se donner la mort chaque jour. En l’absence de statistiques officielles, le phénomène est difficile à mesurer. Mais il a atteint de telles proportions que le tribunal de commerce de Saintes (Charente-Maritime) a mis sur pied une cellule psychologique (lire article suivant). Une initiative inédite.

 

Sources : Le Parisien et E&R

Préparation d’une saisie globale de l’épargne dans 28 pays européens

Copie du blog Jovanovic.com de Pierre Jovanovic

du 17 au 21 février 2014 : C’est un article laconique qui est tombé sur le fil Reuters mais vous n’en avez pas entendu parler sur nos Merdias habituels. L’article technique du FMI et validé par la Bundesbank (voir plus bas) a cette fois été validée par les zombies de l’Union Européenne. Un rapport est en préparation pour saisir TOUTE L’EPARGNE des 500 millions d’Européens pour la mettre à disposition des banques (en faillite).

Messieurs Barnier et Moscovici, vous n’êtes que des menteurs. Si la crise de la zone euro est "terminée" alors pourquoi ce projet de vol global directement sur le compte des Européens???

Regardez ce qu’écrit Reuters: "the savings of the European Union’s 500 million citizens could be used to fund long-term investments to boost the economy and help plug the gap left by banks since the financial crisis, an EU document says".

Difficile d’être plus clair et de voir que Mario Draghi, Mr Goldman Sachs, en est arrivé là pour sauver la Banque Centrale Européenne. Saisir l’épargne des gens. Cela revient à peu près à ce qu’avait fait Roosevelt qui avait forcé les Américains à lui vendre leur or à un prix très bas, payé par la planche à billets. Plus de 80 années plus tard, il suffit à Mr Draghi d’appuyer sur un bouton pour que tous les ordinateurs de banque, interconnectés dans tous les pays, opérent cette saisie un vendredi à 17 heures.

ZH écrit: "So as Europe finally admits that the ECB has failed to unclog its broken monetary pipelines for the past 5 years (…) Mobilize, once again, is a more palatable word than, say, confiscate."

Lire ici Reuters, ici ZH et ici la Libre.be pour un rappel sur la validation de la Buba qui demande à ce que toute saisie soit faite le week-end.

A nouveau, aux lecteurs concernés, prenez vos dispositions. Après ce sera trop tard. Revue de Presse par Pierre Jovanovic © www.jovanovic.com 2008-2014