15% : c’est la proportion d’agences bancaires qui ne sont plus rentables, en France

Christine Lejoux sur La Tribune | 06/05/2013, 17:51 – 461 mots

La France compte aujourd'hui près de 600 agences bancaires par million d'habitants, contre une moyenne de 450 seulement, dans le reste de l'Europe.Copyright Reuters

La France compte aujourd’hui près de 600 agences bancaires par million d’habitants, contre une moyenne de 450 seulement, dans le reste de l’Europe.Copyright Reuters

 

L’enjeu est de taille, un réseau d’agences représentant en moyenne 60% des coûts d’une banque de détail, selon le cabinet Score Advisor.
Voilà un chiffre difficile à « entendre » pour les salariés des banques françaises, dont près des trois quarts travaillent dans les réseaux : 15% des quelque 38.000 agences bancaires de France ne seraient plus rentables, selon une récente étude du cabinet de consultants Score Advisor. Les patrons des banques en conviennent eux-mêmes. Près de 90% d’entre eux estiment que les revenus des agences ne couvriront plus la totalité de leurs charges opérationnelles, dans les prochaines années, d’après un rapport publié en décembre par l’Efma, une association chargée de promouvoir l’innovation dans la banque commerciale. L’enjeu est de taille pour les établissements bancaires français, un réseau d’agences représentant en moyenne 60% des coûts d‘une banque de détail, selon Score Advisor.

600 agences pour 1 million d’habitants

Si, après des années de stabilité, la rentabilité des agences s’effrite, c’est en raison de « l’effet ciseau » que représentent, d’un côté, la densité du réseau bancaire et, de l’autre, la baisse de sa fréquentation. « Au début des années 2000, la plupart des banques françaises ont ouvert un nombre conséquent de nouvelles agences. L’échec des premiers « pure players » de la banque en ligne renforçait alors l’idée que les agences étaient le fer de lance de l’action commerciale des banques », rappelle Score Advisor. Résultat, la France compte aujourd’hui près de 600 agences bancaires par million d’habitants, contre une moyenne de 450 seulement, dans le reste de l’Europe.

Plus de personnel que de clients dans les agences

Le problème, c’est qu’à partir de 2006, les canaux alternatifs de distribution de services financiers, à commencer par Internet, ont enfin pris leur essor, cannibalisant en partie l’offre des agences physiques. Conséquence, celles-ci voient leur fréquentation baisser de 5% à 7% par an, selon le cabinet de conseil Roland Berger. « Dans le centre des grandes agglomérations, près des deux tiers des clients se rendent désormais moins d’une fois par mois dans leur agence », précise Score Advisor. Si bien que, plusieurs après-midis par semaine, 60% des agences se situent en dessous du seuil de cinq visiteurs simultanés, « à partir duquel on compte moins de clients dans l’agence que de personnel », poursuit Score Advisor.

Spécialiser les agences

De quoi donner du crédit au rapport de l’Efma, selon lequel les agences ne devraient plus peser que 83% dans le PNB (produit net bancaire) des banques françaises, d’ici à 2020, contre 93% en 2012. La contribution de la banque directeétant appelée à passer, elle, de 6% à 15%, dans le même temps. Pour autant, « les plus grandes banques n’envisagent des fermetures d’agences que de manière très modérée », nuance Score Advisor. L’idée étant plutôt de relocaliser les agences dans les zones géographiques les plus porteuses, et de leur affecter des spécialités, comme le financement immobilier ou le crédit automobile.

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