La disparition des phytoplanctons, signe de catastrophe climatique

Photo: La disparition des phytoplanctons, signe de catastrophe climatique

La disparition des phytoplanctons se fait à un rythme alarmant. (Crédit: U.S. Department of Energy Genomic Science program).

Par David Suzuki avec Faisal Moola

On l’a déjà écrit, rien ne nous ferait plus plaisir de voir les détracteurs des changements climatiques avoir raison. Ce n’est pas toujours plaisant de fouiller tous les jours dans les preuves toujours croissantes des conséquences catastrophiques des changements climatiques. Et la vie serait beaucoup plus simple si nous ne la passions pas à essayer de convaincre les gouvernements de s’impliquer tout en conscientisant le grand public sans le pousser sur le bord de la dépression.
Faire face aux attaques quotidiennes des gens qui nient la réalité n’est pas beaucoup plus agréable.

Mais les preuves s’accumulent : la planète se réchauffe, principalement à cause de notre dépendance aux combustibles fossiles, et cela a des conséquences désastreuses sur notre santé et celle des écosystèmes de la Terre.

Pendant ce temps, les arguments des gens qui nient continuent de tomber, au point même où on doit conclure qu’il existe en fait deux types de négateurs : ceux qui sont payés par l’industrie pour propager de fausses informations afin de semer la confusion dans le grand public, ce qui est criminel, et ceux qui sont incapables d’admettre les preuves et qui tiennent mordicus à leurs arguments qu’une simple recherche dans Google viendrait faire tomber, ce qui est pathétique et stupide.

Dernièrement, les négateurs ont essuyé un coup dur lorsque l’agence de protection environnementale des États-Unis, l’EPA, a examiné en détail 10 pétitions venant mettre en doute les résultats de sa recherche effectuée en 2009 qui concluait que les changements climatiques menacent la planète (lien en anglais seulement), qu’ils sont en grande partie dus aux combustibles fossiles et qu’ils menacent la santé humaine et environnementale.

Dans chaque cas, l’EPA a constaté que les pétitions faisaient une mauvaise interprétation des données, qu’elles contenaient des déclarations carrément fausses et qu’elles incluaient des accusations exagérées.

«Les conclusions sur la situation de danger sont basées sur des années de données scientifiques provenant des États-Unis et des quatre coins de la planète, a déclaré la directrice de l’EPA, Lisa P. Jackson. Ces pétitions — fondées sur des données tronquées, prises hors contexte et visant à semer la controverse — ne fournissent aucune preuve qui vient miner notre détermination. Les surplus de gaz à effet de serre sont une menace pour notre santé et notre survie.»

Un autre rapport récent (lien en anglais seulement), publié par la U.S. National Oceanic and Atmospheric Administration, a étudié les données recueillies par 10 indicateurs climatiques mesurés par 300 scientifiques appartenant à 160 groupes de recherche dans 48 pays. Sa conclusion : les changements climatiques causés par les humains sont incontestables et en croissance constante.

En conséquence, les glaciers de l’Arctique continuent de fondre, la température des océans et le niveau de la mer continuent de grimper, les écosystèmes et les habitats fauniques poursuivent leur dégradation et les événements météorologiques extrêmes se produisent de plus en plus souvent.

En plus de cela, une étude récente rédigée par l’équipe de Boris Worm (lien en anglais seulement), océanographe de l’Université Dalhousie, conclut que les populations de phytoplancton de l’océan disparaissent à un rythme alarmant à cause de l’activité humaine et des changements climatiques. Mais pourquoi devrait-on s’en préoccuper? Eh bien, ces plantes microscopiques constituent la base de la chaîne alimentaire et comptent pour la moitié de la production de matière organique de la planète. Elles suppriment le monoxyde de carbone de l’air et produisent plus de la moitié de l’oxygène qu’on respire.

Selon Marlon Lewis, coauteur de l’étude, « la décimation des phytoplanctons à cause du climat représente une dimension importante des changements globaux dans les océans, qui sont déjà sous la pression de la pêche et de la pollution ». Le rapport, publié dans l’édition du 29 juillet de la revue Nature, atteste que les phytoplanctons ont décliné d’environ 40% depuis 1950. Notre survie est impossible sans eux.

Alors que les gouvernements piétinent et que les négateurs sèment la confusion, il devient de plus en plus difficile de réussir à réduire nos émissions au niveau jugé nécessaire par les scientifiques pour éviter que la planète n’atteigne des températures cataclysmiques. Ç’a déjà été possible, et peut-être l’est-ce encore, mais nous arriverons bientôt à un point où ce sera impossible.

La responsabilité incombe à tous de réduire nos propres émissions, de voter pour des gouvernements qui font des changements climatiques une priorité, et de s’assurer que ces gouvernements se concentrent sur de vraies solutions. Nous savons déjà que l’économie d’énergie et le transfert vers une énergie plus propre aideront à résoudre la crise environnementale et à régler certains problèmes de santé qui y sont liés. Cela pourrait même stimuler l’économie.

L’industrie des combustibles fossiles, qui continue d’engranger des profits faramineux dans les milliards de dollars, a consacré des millions afin de soutenir une poignée de négateurs, de groupes de réflexion de droite et de sites Internet qui considèrent les changements climatiques de la « science ordure » et qui nient que l’activité humaine influence le réchauffement planétaire.

Il est plus que temps de commencer à ignorer les jérémiades fallacieuses des négateurs. Nous avons déjà perdu trop de temps avec eux — et nous n’avons pas de temps à perdre.

 

Source : Fondation David Suzuki

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