La Russie va lancer ses propres cartes de paiement, dit Poutine

La Russie va développer son propre système de cartes de paiement pour réduire sa dépendance vis-à-vis des entreprises occidentales et limiter l’impact éventuel de sanctions américaines et européennes, a annoncé jeudi le président Vladimir Poutine.

Visa et MasterCard, les deux principaux émetteurs américains de cartes de crédit, un moyen de paiement très répandu en Russie, ont restreint ces derniers jours les services qu’ils offrent à certaines banques russes.

« Nous devons absolument faire cela, et nous allons le faire », a dit Vladimir Poutine à des parlementaires lors d’une réunion consacrée à l’intégration la Crimée dans la Fédération de Russie.

L’Union européenne et les Etats-Unis considèrent ce rattachement comme une annexion illégale et ont adopté des sanctions contre un certain nombre de personnalités politiques et économiques russes.

Visa et MasterCard ont suspendu les services fournis aux clients de plusieurs autres banques dont des actionnaires figurent sur la liste des sanctions américaines. Ils ont toutefois repris ces services, Washington ayant précisé que les sanctions ne s’appliquaient pas aux établissements bancaires eux-mêmes.

« Il est vraiment trop dommage que certaines entreprises aient décidé (..) des restrictions », a dit Vladimir Poutine, sans désigner Visa et MasterCard. « Je crois que pour elles, cela se traduira simplement par la perte de certains segments du marché, un marché très rentable. »

 

Source : Les Echos

La Bolivie va poursuivre Obama pour crimes contre l’humanité

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En 2002, MacDonald était contraint de fermer tous ses restaurants en Bolivie.  En avril 2013, le président bolivien Evo Morales annonçait l’expulsion de Bolivie de l’USAID, l’agence américaine pour le développement international, en l’accusant de conspiration et d’ingérence dans la politique intérieure bolivienne.

Plus jamais l’USAID, qui manipule, qui utilise nos frères dirigeants, qui utilise des camarades de la base en leur donnant des aumônes !

Sûrement, (les Etats-Unis) croiront toujours qu’ici on peut manipuler politiquement, économiquement“, a dit le président bolivien. “Mais cela, c’était dans les temps anciens.

Evo Morales dans un discours à la foule pendant un rassemblement pour la Fête du Travail sur la place d’Armes de La Paz, le 1er mai 2013.

Désormais le président Morales s’apprête à poursuive les États-Unis pour crime contre l’humanité.


Le président bolivien Evo Morales va déposer une plainte contre le gouvernement américain pour crimes contre l’humanité. Il a dénoncé les Etats-Unis pour ses tactiques d’intimidation et d’alarmistes après que le jet présidentiel vénézuélien fût interdit de pénétrer dans l’espace aérien américain.

Je tiens à annoncer que nous préparons un procès contre Barack Obama afin de le condamner pour crimes contre l’humanité”, a déclaré le président Morales lors d’une conférence de presse dans la ville bolivienne de Santa Cruz. Il a stigmatisé le président américain comme un «criminel» qui viole le droit international.

En solidarité avec le Venezuela, la Bolivie va commencer la préparation d’un procès contre le chef d’Etat américain qui se tiendra au tribunal international. En outre, Morales a convoqué une réunion d’urgence de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC) pour discuter de ce qui a été condamné par le Venezuela comme étant “un acte d’intimidation par l’impérialisme nord-américain.”

Le président bolivien a suggéré que les membres de la CELAC retirent leurs ambassadeurs des États-Unis afin d’envoyer un message clair à l’administration Obama. Comme mesure supplémentaire, il fera appel aux pays membres de l’Alliance bolivarienne pour les Amériques à boycotter la prochaine réunion de l’ONU. Les membres de l’Alliance comprennent Antigua-et-Barbuda, Cuba, la Dominique, l’Équateur, le Nicaragua, le Venezuela et Sainte-Lucie.

Les États-Unis ne peuvent plus être autorisé à poursuivre leur politique d’intimidation et de bloquer les vols présidentiels “, a souligné Morales.

Le gouvernement vénézuélien a annoncé jeudi que l’avion du Président Nicolas Maduro avait été refusée d’entrée dans l’espace (US) aérien portoricain.

«Nous avons reçu l’information de responsables américains de notre interdiction de voyager dans l’espace aérien”, a déclaré le ministre vénézuélien des Affaires étrangères Elias Jaua, parlant aux journalistes lors d’une rencontre officielle avec son homologue sud-africain.

Jaua a dénoncé le mouvement comme étant “encore un autre acte d’agression de la part de l’impérialisme nord-américain contre le gouvernement de la République bolivarienne».

Le président Maduro devait arriver à Pékin ce week-end pour des entretiens bilatéraux avec le gouvernement chinois. Jaua a insisté pour que le leader vénézuélien se rendre à destination, indépendamment de toute interférence perçue.

Le gouvernement américain n’a pas encore fait de déclaration concernant la fermeture de son espace aérien à l’avion présidentiel vénézuélien. Puerto Rico étant un territoire non incorporé des États-Unis.

Détérioration des relations entre les États-Unis et la Bolivie

Les relations de Washington avec l’Amérique latine se sont détériorées depuis le début de l’année suite au blocus aérien qui a forcé l’avion du président bolivien Evo Morales à atterrir en Autriche en juillet dernier.

Plusieurs pays de l’UE avaient fermés leur espace aérien à l’avion présidentiel en raison de soupçons que l’ancien employé de la CIA Edward Snowden – voulu aux États-Unis sur des accusations d’espionnage – était à bord. La Bolivie a allégué que les États-Unis était derrière le blocus aérien.

En réponse à l’incident, les dirigeants latino-américains réunis dans la condamnation de ce qu’ils ont décrit comme étant «l’intimidation néocoloniale».

Plus tard dans l’année, les révélations sur le réseau d’espionnage mondial des États-Unis publié par Edward Snowden n’ont pas aidé à améliorer les relations. Les fuites ont révélé que la National Security Agency (NSA) a surveillé les communications privées des deux présidents du Brésil et du Mexique.

Le gouvernement brésilien a dénoncé la surveillance de la NSA comme étant “inadmissible et inacceptable”, et constituait une violation de la souveraineté brésilienne. À la suite de l’espionnage US, le président brésilien Dilma Rousseff a reporté une visite d’Etat à Washington en Octobre.

 

Sources : Mondialisation.ca et RT

Comment fonctionne XKeyscore, le logiciel espion de la NSA

Surveiller en temps réel les emails, les requêtes sur les moteur de recherche, ou les réseaux sociaux sont autant de fonctionnalités de cet incroyable outil d’espionnage.

Edward Snowden, l'homme qui a révélé l'existence de Xkeyscore. (Tatyana Lokshina/AP/SIPA)

Edward Snowden, l’homme qui a révélé l’existence de Xkeyscore. (Tatyana Lokshina/AP/SIPA)

« XKESCORE ». C’est le journal britannique The Guardian qui a révélé l’existence de XKeyscore, un programme secret d’espionnage des activités des particuliers sur internet. C’est à nouveau le lanceur d’alerte Edward Snowden, devenu célèbre pour avoir diffusé des informations relatives au programme PRISM, autre système d’espionnage à grande échelle, mis en place par l’Agence de sécurité nationale américaine (NSA).

Un moteur de recherche pour espion

Selon les documents publiés sur le site du journal, XKeyscore permet aux agents qui l’utilisent de surveiller en temps réel les emails, les requêtes sur les moteur de recherche, l’utilisation des réseaux sociaux ou toute autre action effectuée sur internet pour remonter vers une cible.

Pour ce faire, les utilisateurs du programme n’ont pas besoin d’utiliser un « sélecteur » comme l’adresse email de la personne qu’il vise. XKeyscore permet par exemple de remonter jusqu’à elle à partir d’une simple recherche effectuée sur internet exactement comme un internaute le ferait avec un moteur de recherche.

« Les analystes peuvent également effectuer une recherche par nom, numéro de téléphone, l’adresse IP, mots-clés, la langue dans laquelle l’activité internet a été effectuée ou le type de navigateur utilisé » décrypte le journaliste Glenn Greenwald dans le Guardian. Le système XKeyscore repose sur un réseau de quelque 500 serveurs disséminés dans le monde, y compris en Russie, en Chine ou au Venezuela.

Afflux massif de données

Conséquence de cette collecte à grande échelle : un afflux massif de données qui empêche un archivage des informations à long terme. À priori, la NSA stocke pendant trois à cinq jours les données mais cette période de conservation peut être prolongée si les informations sont jugées importantes.

Comme avec l’affaire Prism, cette nouvelle révélation mets sur le devant de la scène ce qu’on appelle désormais les « Big data ». Autrement dit l’accumulation par milliards de milliards de données de toutes sortes – et notamment celles concernant les individus, par des acteurs multiples : gouvernements, entreprises telles Google, Facebook, Twitter etc., sites de ventes en ligne, institutions diverses. Sciences et Avenir a consacré un dossier sur ce sujet avec notamment une interview de Viktor Mayer-Schönberger de l’université d’Oxford.

Source : Nouvel Obs

Edward Snowden, futur expert de la vie privée pour un réseau social russe ?

Le réseau social russe Vkontakte a publiquement fait une proposition d’emploi à Edward Snowden, l’ancien analyste de la NSA qui a notamment révélé les programmes PRISM et XKEYSCORE. Le fondateur du site, Pavel Durov, souhaite le faire travailler dans le domaine de la sécurité, afin de renforcer la vie privée des membres de Vkontakte. Si Edward Snowden accepte, ce serait une sacrée trajectoire professionnelle.

C’est une proposition d’emploi qui pourrait bien être un sacré pied de nez à la politique américaine en matière de renseignement, si l’intéressé l’accepte. En effet, Pavel Durov a proposé à Edward Snowden, l’ancien analyste de la NSA, de travailler pour le compte du réseau social Vkontakte, très populaire en Russie. Son rôle, s’il accepte ? Améliorer la vie privée des membres du site.

La proposition de l’homme d’affaires russe survient dans un contexte particulier. La Russie a en effet accordé à Edward Snowden un asile temporaire d’un an. La nouvelle a évidemment exaspéré les États-Unis, qui se sont déclarés « extrêmement déçus » de voir sortir libre de l’aéroport moscovite celui qui a révélé publiquement l’existence des programmes de surveillance employés par la NSA.

Edward Snowden n’a pas encore indiqué s’il comptait étudier sérieusement la proposition de Pavel Durov, qui a été évoquée par le New York Times. Et même si elle n’aboutit pas, l’offre de Pavel Durov est en tout cas une façon pour lui de médiatiser Vkontakte en Occident (l’interface du réseau social supporte l’anglais et le français, mais la visibilité du site est insignifiante face à Facebook, très présent en Europe et en Amérique).

« Nous invitons Edward à Saint-Pétersbourg (la ville où se trouve le siège social de Vkontakte, ndlr) et nous serions ravis s’il décidait de rejoindre notre équipe de programmeurs stars à Vkontakte. […] Je pense qu’Edward pourrait être intéressé d’agir en faveur de la protection des données personnelles de nos millions d’utilisateurs« , écrit Pavel Durov sur sa page personnelle.

 

Source : Numérama

Combien coûterait un Big Mac si McDo doublait ses salaires ?

(AP Photo/McDonald’s Corp.)

Qu’adviendrait-il au géant du fast-food McDonald’s s’il décidait subitement de doubler le salaire de ses employés ? Pas grand-chose, à en croire une étude d’un chercheur de l’université du Kansas, citée par le Huffington Post américain.

Selon cette étude, un doublement des revenus des employés de l’enseigne – du salarié de base gagnant le salaire minimum (7,25 dollars de l’heure, ou 5,40 euros) au PDG Donald Thompson (8,75 millions de dollars en 2012) – aurait pour conséquence une augmentation du prix du Big Mac de seulement 68 cents (0,50 euro). Le Big Mac passerait ainsi de 3,99 à 4,67 dollars (3,50 euros), affirme l’auteur de l’étude, Arnobio Morelix.

Cette étude sort au moment où des employés de McDo mènent des grèves à travers les Etats-Unis pour réclamer un salaire minimum de 15 dollars de l’heure (11,30 euros). Son auteur a simplement consulté le rapport annuel 2012 de l’enseigne et constaté que seuls 17,1 % des revenus du géant partaient dans les salaires et les avantages sociaux de ses quelque 500 000 employés américains.

Selon le New York Times, qui revient dans un article intitulé « Fast Food, Low Pay »sur la grève dans 200 fast-foods new-yorkais en novembre dernier, les salariés qui y gagnent le salaire minimum (7,25 dollars de l’heure) ont un pouvoir d’achat inférieur à celui de leurs collègues des années 50.

Source : Big Browser (blog Le Monde)

Discours symbolique de Edward Snowden à l’aeroport de Moscou le vendredi 12 juillet

«Bonjour,

Je m’appelle Edward Snowden. Il y a un peu plus d’un mois, j’avais une famille, une maison au paradis et je vivais dans un très grand confort. J’avais aussi la capacité, sans aucun mandat, de chercher, de saisir et de lire toutes vos communications. Celles de n’importe qui, n’importe quand. J’avais le pouvoir de changer le sort des personnes.

C’était aussi une grave violation de la loi. Les 4e et 5e amendements de la Constitution de mon pays, l’article 12 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen ainsi que de nombreux accords et traités interdisent un tel système de surveillance massive et omniprésente. Mais bien que la Constitution Américaine qualifie ces programmes d’illégaux, mon gouvernement explique qu’un jugement d’un tribunal secret, que personne ne peut voir, a légitimé ces pratiques illégales. Ce jugement corrompt purement et simplement la notion fondamentale de Justice, notion selon laquelle pour réellement exister la Justice doit être appliquée dans les faits. L’immoral ne peut être rendu moral par une loi secrète.

Je crois au principe établi à Nuremberg en 1945 : « Les individus ont un devoir international qui transcende les obligations nationales d’obéissance. Il en découle que les citoyens ont le devoir de violer leurs lois domestiques pour empêcher que des crimes contre la Paix et contre l’Humanité ne puissent être perpétrés ».

Par conséquent, j’ai fait ce que j’ai cru bon. J’ai lancé une campagne contre ces mauvaises pratiques. Je n’ai pas cherché à m’enrichir. Je n’ai pas cherché à vendre des secrets américains. Je n’ai passé aucun accord avec un gouvernement étranger pour garantir ma sécurité. À la place, j’ai rendu public ce que je savais, pour que ce qui nous touche tous puisse être débattu par nous tous, à la lumière du jour. J’ai voulu un monde de Justice.

Cette décision morale de parler au grand public de ces pratiques d’espionnage m’a coûté très cher, mais c’était la chose à faire et je ne regrette rien.

Depuis, le gouvernement américain et ses services de renseignements ont essayé de faire de moi un exemple, un avertissement pour tous ceux qui seraient tentés de parler à leur tour. J’ai été rendu apatride et traqué pour m’être exprimé politiquement. Les États-Unis d’Amérique m’ont mis sur la liste des personnes interdites de vol aérien. Ils ont demandé à Hong-Kong de m’extrader, en dehors du cadre juridique qui s’applique dans ce pays, et en totale violation du principe de non-refoulement des Nations-Unis. Ils ont menacé de sanctions des pays qui étaient prêts à défendre mes droits et le système d’asile reconnu par l’ONU. Ils ont même franchi une étape, sans précédente, en donnant l’ordre à une puissance militaire alliée de forcer l’avion d’un Président d’Amérique Latine à atterrir pour y chercher un réfugié politique. Cette escalade dangereuse n’est pas qu’une menace contre la dignité de l’Amérique Latine, c’est une menace contre le droit fondamental, partagé par toutes les personnes et par toutes les nations, de vivre sans être persécuté, de pouvoir demander un asile et d’en bénéficier.

Malgré tout, devant cette agression historique et disproportionnée, un peu partout dans le monde, des pays m’ont proposé soutien et asile. Ces nations, parmi lesquelles la Russie, le Venezuela, la Bolivie, le Nicaragua et l’Équateur, ont toute ma gratitude et mon respect pour avoir été les premières à se lever contre ces violations des Droits de l’Homme perpétrées par des puissants, et non par des faibles. En refusant d’abandonner leurs principes devant les intimidations, ils ont gagné le respect du monde. J’ai l’intention de voyager dans chacun de ces pays pour exprimer mes remerciements personnels à leurs peuples et à leurs dirigeants.

J’annonce aujourd’hui que j’accepte officiellement toutes les offres de soutien et d’asile qui m’ont été faites, et toutes celles qui pourront m’être faites dans le futur. Avec, par exemple, la proposition du Président du Venezuela, M. Maduro, mon statut de réfugié est désormais officiel. Aucun état n’a donc le droit ni de limiter ni d’interférer avec mon droit de bénéficier de cet asile. Mais comme nous l’avons vu, certains gouvernements d’Europe Occidentale et d’Amérique du Nord ont démontré leur volonté d’agir en dehors des lois. Ce comportement persiste aujourd’hui et ces menaces illégales me rendent impossible tout voyage vers l’Amérique Latine pour bénéficier de l’asile politique qui m’y a été accordé dans le respect de nos droits universels.

Cette volonté d’états puissants d’agir hors des lois représente une menace pour nous tous, elle ne doit pas être couronnée de succès. Par conséquent, je demande votre assistance (N.D.L.R. : Aux associations) pour me garantir un chemin sûr par les pays concernés en sécurisant mon voyage vers l’Amérique Latine. Je demande également l’asile à la Russie jusqu’à ce que ces états respectent la loi et que mon voyage, légal, soit permis. Je vais soumettre ma requête à la Russie aujourd’hui en espérant qu’elle soit accueillie favorablement.

Si vous avez des questions, j’y répondrai autant que je le peux.

Merci. »

Pour Barack Obama, l’Europe est un partenaire commercial et rien de plus

Le récent G8 et la visite de Barack Obama à Berlin ont souligné les divisions au sein de l’Europe, qu’elle doit gommer pour exister politiquement face aux Etats-Unis, juge notre contributeur Fabien Cazenave.

"Pour Barack Obama, l'Europe est un partenaire commercial et rien de plus"

Pour notre contributeur Fabien Cazenave, « il n’a jamais été question pour Barack Obama de traiter l’Europe comme un allié en tant que tel ».

REUTERS/Yves Herman

Le président des Etats-Unis a fait escale en Europe à l’occasion du G8 en Irlande du Nord et des 50 ans du discours de John Fitzerald Kennedy à Berlin. Barack Obama a à cette occasion discuté du futur grand accord commercial entre l’Europe et les USA. Cette visite sur notre continent est symbolique de la perception qu’a Obama de l’Europe: un territoire où commercer mais rien de plus. 

L’Europe: un continent où commercer

Barack Obama est tourné vers l’Asie. Ses premiers voyages sont pour ce continent, la Chine en tête. Si les Etats européens peuvent avoir un intérêt pour servir d’intermédiaire dans le cadre de négociations diplomatiques, ils ne sont considérés « que » comme des « Alliés ».

Au G8, Barack Obama a tenu une conférence de presse avec les représentants européens pour parler du grand accord commercial qui va être prochainement discuté. Lors de celle-ci, personne n’a parlé de la question de l’exception culturelle, ceci étant un sujet mineur et très franco-européen.

Pour le président américain, « ce partenariat transatlantique sera une priorité de [son] administration. […] Il augmentera les exportations, réduira les obstacles au commerce et à l’investissement. Dans le cadre plus large de la stratégie de croissance entre nos deux économies, il créera des centaines de milliers d’emplois des deux côtés de l’océan » explique-t-il.

Il ne s’agit donc nullement comme il était question pour la création en 1957 de la CEE(Communauté économique européenne) de la création d’une union autant fondée sur le commerce que sur des valeurs communes.

De même dans son discours à Berlin, il n’a jamais été question pour Barack Obama de traiter l’Europe comme un allié en tant que tel. Par exemple sur la question du désarmement nucléaire massif. Symboliquement, c’est en Europe, dans l’ancienne capitale divisée entre Ouest et Est qu’il souhaite tourner définitivement la page de la Guerre Froide. Mais c’est la Russie qu’il a appelé à approuver cette réduction. L’Union européenne n’existe pas en la matière alors que c’est des conséquences potentielles d’une guerre dévastatrice sur son sol dont on parle ici.

L’Europe trop divisée pour être un interlocuteur

En fait, cette approche américaine est logique. Au G8, Barack Obama a eu pour interlocuteur François HollandeAngela MerkelJosé Manuel Barroso et Herman Van Rompuy. Cela fait beaucoup pour un continent alors que la Chine ou la Russie n’envoie qu’un seul représentant.

La multiplication des interlocuteurs avait inspiré la fameuse phrase de Kissinger, « l’Europe quel numéro de téléphone? ». Parce que nous avons une vision nationale de la diplomatie, nous ne nous rendons plus compte de ce que nous imposons comme étiquette lourde et surranée à respecter pour nos partenaires.

Nous estimons normal que chacun de nos pays soit traité avec déférence. Dans la présentation du voyage d’Obama, la Maison Blanche présente Angela Merkel comme un « de nos principaux partenaires ». Au G8, le président américain est contraint dans son discours de remercier autant Barroso, Van Rompuy et Cameron présents à la conférence de presse que le « Président Hollande, la Chancelière Merkel, le Premier Ministre Letta et le Taoiseach Kenny », ainsi que « tous les autres membres de l’Union européenne« . Cela fait beaucoup de courbettes diplomatiques pour un seul interlocuteur, « l’Europe ».

Au final, certains dénoncent avec raison que « l’Europe perd de plus en plus rapidement de son influence et de son intérêt sur la scène internationale ». La visite de Barrack Obama en est le symbole: il parle d’Europe de manière générique mais doit citer tous ses interlocuteurs en particulier pour ne froisser personne…

L’Europe devient une nouvelle ligue hanséatique: unecommunauté de marchands, imposant dans sa globalité mais divisée et incapable de se comporter en acteur majeur du point de vue international.

Source : L’express

Espionnage: où est donc Edward Snowden, « l’homme le plus recherché du monde ? »

Edward Snowden durant son interview à Hong Kong, le 9 juin 2013.

Edward Snowden durant son interview à Hong Kong, le 9 juin 2013.

REUTERS/Ewen MacAskill/The Guardian/Handout

Où est Edward Snowden ? Le jeune homme est-il toujours à Hong Kong où il a trouvé refuge le 20 mai dernier ? Edward Snowden est cet Américain de 29 ans, ancien agent de la CIA, qui a travaillé ensuite pour la NSA, l’agence américaine de sécurité nationale, et à l’origine des informations sur le système d’interception des communications par la NSA.

Avec notre correspondante à Hong Kong, Florence de Changy

Où est donc passé celui que le journal anglophone de Hong Kong, le South China Morning Post, appelle sur sa Une ce matin, « l’homme le plus recherché du monde ? ».

La presse l’a raté de peu à l’hôtel Mira lundi après-midi. Il avait réglé sa note le matin même. À ce stade, Edward Snowden n’est pas recherché par la police, étant entré en règle dans le pays et n’étant pas jugé coupable du moindre crime, ni ici ni ailleurs.

Il a plusieurs options. Il peut d’abord décider d’aller ailleurs. À moins d’une heure de train ou de ferry se trouvent la Chine ou Macao. Mais pour Edward Snowden, qui cherche un pays d’accueil où l’on respecte la liberté d’expression, il y a mieux comme destination.

Si son intention est de demander l’asile politique à l’Islande, les démarches devront passer par le consulat de Finlande qui représente l’Islande à Hong Kong. Il peut aussi demander le statut de réfugié politique au Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés.

Il peut encore attendre que les Etats-Unis formulent une demande d’extradition à son encontre. Dans cette démarche, il aura des arguments à faire valoir, notamment le caractère politique de son geste qui peut invalider la demande d’extradition. Plusieurs instances de justice peuvent alors être sollicitées et ces démarches pourraient traîner. Mais pour le moment, la page Facebook qui porte son nom de même que son compte tweeter sont tout ce qu’il y a de plus actifs.

La pression monte sur Edward Snowden

Aux Etats-Unis, des deux côtés de l’échiquier politique américains des élus réclament l’arrestation de l’auteur des fuites, rapporte notre correspondant à Washington, Raphaël Reynes. Pression politique mais également populaire. Selon un sondage réalisé pour leWashington Post et le Pew Institute, 56% des Américains estiment que le programme de surveillance téléphonique est « un moyen acceptable » de lutter contre la menace terroriste.

On en sait désormais un peu plus sur la personnalité d’Edward Snowden et sur son parcours. Edward Snowden a d’abord tenté de rejoindre les forces spéciales de l’armée américaine, en 2004. Un projet auquel il a dû renoncer après s’être brisé les deux jambes, selon son dossier militaire. Recruté par la CIA, le jeune informaticien était passé dans le privé. Depuis quatre ans, il travaillait pour un sous-traitant de la NSA… dans les bureaux de l’agence de renseignement à Hawaï. C’est là qu’il a copié les documents qui ont fuité dans la presse ces derniers jours. C’est d’Hawaï qu’il s’est également envolé pour Hong Kong où l’interview diffusée sur le site duGuardian a été enregistrée.

Le soutien de Ron Paul

On sait, enfin, qu’Edward Snowden a modestement contribué à la campagne présidentielle de Ron Paul, l’an dernier. Ron Paul, c’est ce Texan ultra-libéral qui a tenté d’obtenir l’investiture républicaine en 2012. Edward Snowden a versé 500 dollars à sa campagne. L’ex-représentant du Texas a rendu hommage à Edward Snowden et au journaliste du Guardian qui a révélé, selon ses termes « la vérité sur ce que notre gouvernement fait en secret ».

 

Source : RFI

Le défi d’Edward Snowden à Barack Obama

Video de 9 minutes, interview au Guardian, chat avec le Washington Post…  Avant de disparaitre de son hôtel à Hong Kong, Edward Snowden a laissé un testament complet dont toutes les façettes n’ont pas encore été étudiées (à l’université du Maryland, par exemple, on se demande quelle est cette « installation secrète » où Snowden a dit avoir commencé à travaillé comme employé à la sécurité).
Les chaines ont retrouvé les parents de Snowden. Sa mère est employée dans les technologies de l’information au tribunal de Baltimore. Son père n’a pas voulu être filmé. Les media répètent que le jeune espion n’a pas eu son diplôme de fin de lycée, et que son parcours est plutôt contradictoire avec l’accès privilégié dont il bénéficiait. Mais il semble être l’un de ces geeks dont l’appareil de sécurité nationale a fait une grande consommation après les attentats du 11 septembre 2001.
S’il n’a pas de diplôme, Edward Snowden s’exprime en tout cas avec des accents politiques et philosophiques montrant qu’il a réfléchi à ce qu’il fait. Parfois, il énonce des vérités stupéfiantes: « Vous pourriez fermer l’entier programme de surveillance (de la NSA) en un après-midi ». Parfois, il est d’une simplicité attendrissante.
– « I’m just another guy« , dit-il. Un type normal qui veut que « le public décide » dans quelle société il veut vivre. Et non le gouvernement.
Sa grande peur, dit-il : que « rien ne change ».

    Le geste de Edward Snowden est un véritable défi à Barack Obama. Il n’a pas voté pour le candidat démocrate en 2008. Il était plutôt favorable pour Ron Paul, comme tous les jeunes libertariens, mais il a soutenu Obama après son élection. Il a été déçu que le président n’ait pas résisté au complexe militaro-sécuritaire.
De mémoire d’analyste, personne n’avait jamais revendiqué une fuite de cette manière, et jamais dans un geste aussi radical que de passer à l’étranger. C’est cette « trahison » qui donne à l’affaire une dimension nouvelle. Non seulement, Ed Snowden a livré à la planète la preuve que les grandes oreilles (d’Obama) sont en mesure d’écouter toutes ses conversations électroniques. Mais il a quitté le pays. Et il s’est rapproché de la Chine, comme s’il était prêt à basculer.

Le républicain Peter King le considère déjà comme un « transfuge« . La majorité de la classe politique a appelé le gouvernement à le poursuivre avec la plus grande sévérité et à demander immédiatement son extradition.
– « Les efforts pour en faire un héros vont tourner court, a proclamé Jeremy Bash, l’aide de Leon Panetta (un démocrate) qui a rédigé les amendements qui ont légalisé ces programmes. Un type qui fait ses révélations puis court vers la frontière n’est pas un whistleblower« .
Seuls les républicains libertariens et la gauche progressiste veulent un débat.

Edward Snowden a dévoilé deux programmes:
– L’un basé sur l’article 215 du Patriot Act autorise la surveillance massive des numéros de téléphone des Américains. Comme l’a répété Barack Obama, les conversations ne sont pas écoutées. Les Américains peuvent être rassurés.

– L’autre (PRISM), basé sur l’article 720 autorise les écoutes électroniques, l’espionnage des messages FaceBook, des videos etc..  Mais dans ce cas, seuls les étrangers sont visés. La loi a été reconduite en décembre. « Aucun Américain n’est ciblé« , affirment les défenseurs du programme.

Pour les Américains, cette discrimination est normale. Comme dans les frappes de drones, la Constitution ne s’indigne que quand des Américains sont visés.
Vu du reste du monde, c’est une logique moins évidente…
Du fait des révélations de Snowden, le reste du monde a la démonstration des double-standards américains. On peut espionner des milliards de personnes sans mandat judiciaire, mais pas les Américains.
Après l’invasion de l’Irak, il avait fallu l’élection de Barack Obama pour que les Etats-Unis retrouvent une certaine aura dans le monde. Les révélations d’Edward Snowden risquent de compromettre le soft-power que le président américain avait entrepris de restaurer.

    Snowden s’est mis à l’abri en laissant une question : quels « biscuits » ‘a-t-il conservés ? Sur CNN, Glenn Greenwald, le journaliste du Guardian, a indiqué qu’il savait où se trouve le jeune homme. Et oui, a-t-il confirmé, « nous avons encore des révélations ».
– « We do have big stories coming »

La mise en scène du coming out du jeune espion a été bien préparée. Video, chat.. Chambre d’hotel près de l’antenne CIA de Hong Kong: tous les éléments d’un roman d’espionnage sont réunis. Quand il allume son ordinateur, Snowden cache l’écran d’une cagoule: s’il y a une caméra dans la chambre, personne ne pourra lire les mots de passe.
Dans un article qui explique les dessous de son scoop, Barton Gellman du Washington indique que Snowden avait mis ses conditions pour la publication de la présentation PowerPoint sur le programme « PRISM » qui autorise l’accès du FBI sur Google, FaceBook et autres réseaux sociaux. Il voulait que les informations soient publiées dans les deux jours et dans leur intégralité.
Le Washington Post ayant soumis son scoop au gouvernement pour avis (procédure que suivent les medias américains lorsqu’ils ont des informations confidentielles sur la sécurité nationale), et n’ayant publié que quatre des 41 diapositives, Snowden s’est adressé au Guardian. Il aura fallu un quotidien anglais pour forcer le mouvement aux Etats-Unis.
Contrairement aux rumeurs, le Guardian ne paie pas la chambre d’hôtel duwhistleblower, affirme Glenn Greenwald.

Edward Snowden pourrait-il avoir des éléments sur Barack Obama ? Dans l’interview au Guardian, il assure qu’il était habilité à tout voir pour peu qu’il dispose d’une adresse email privée. « Moi, assis à mon bureau, avais assurément l’autorité pour surveiller quiconque: depuis vous ou votre comptable, jusqu’à un juge fédéral ou même au président, si j’avais un e-mail personnel ».
On dirait une réponse à Barack Obama. Curieusement, le président a fait mention de sa situation privée en défendant la NSA, le 7 juin, en Californie. Il a expliqué qu’il redeviendrait un citoyen ordinaire dans trois ans et demi.
– « Et je pressens que, sur une liste de gens dont quelqu’un voudrait lire les emails ou écouter les appels téléphoniques, je serais probablement assez haut sur la liste, a-t-il expliqué. Ce n’est pas comme si je n’avais aucun intérêt à ce que le respect de ma vie privée soit protégé ».

La Maison Blanche s’est gardée de commenter, au-delà du classique « une enquête est en cours ». Barack Obama a préféré esquiver, dans l’attente probablement d’une évaluation des dégats causés par les fuites.  Le défi pour lui est maintenant de trouver une réponse au geste d’Edward Snowden. Il ne peut pas laisser passer, mais il ne peut pas risquer de pousser le jeune whistleblower dans les bras des Chinois. Qui pourraient le considérer comme un dissident.  La suite de l’histoire est probablement dans les mains du camarade Xi…

Source : Le Monde