L’Etat prêt à se séparer de nouveaux bijoux de famille

Lors du Conseil des ministres, Pierre Moscovici, le ministre de l’Economie et Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif ont fait une intervention commune qui définit la nouvelle doctrine de l’Etat actionnaire.

Il y a quelques semaines, l'Etat s'était déjà séparé de 3,12% du groupe Safran (c) Reuters

La solution de l’endettement étant désormais proscrite, l’Etat n’a plus vraiment l’embarras du choix lorsqu’il s’agit de financer les investissements d’avenir et le développement des filières stratégiques ? En attendant que les milliards investis dans le cadre du premier Grand emprunt lancé en 2010 fasse des petits et permette à l’Etat de récupérer une partie de sa mise initiale, celui-ci n’a plus qu’une seule option : continuer à céder une partie de ses participations dans les entreprises dont il détient une partie majoritaire ou non du capital. Concrètement, l’Etat souhaite vendre les bijoux de famille pour financer le développement des secteurs qui stimuleront – peut-être, car le résultat n’est pas garanti – la croissance future.

Une doctrine pour encadrer les prochaines cessions

Cette stratégie ne pouvant s’élaborer au fil de l’eau, le gouvernement a décidé de se doter d’une véritable doctrine. Lors du Conseil des ministres ce vendredi, Pierre Moscovici, le ministre de l’Economie et Arnaud Montebourg, le ministre du Redressement productif ont fait une intervention commune qui encadre précisément cette stratégie. « Les ressources publiques en capital pour financer l’investissement doivent pouvoir être mobilisées sans recourir à l’endettement, au service de nouveaux acteurs économiques porteurs de projets innovants et structurants pour le pays et, le cas échéant, au service d’interventions défensives. A cette fin, l’Etat pourra envisager de réduire les niveaux historiques de participation publique dans certaines entreprises, dès lors que le niveau de contrôle ou d’influence de l’Etat actionnaire n’en serait pas significativement affecté ou que d’autres instruments [réglementation, régulation…] permettraient d’atteindre les objectifs recherchés et que de telles opérations seraient patrimonialement avisées », ont expliqué les deux ministres.

Une cagnotte de 25 milliards

Concrètement, de combien dispose l’Etat ? Au 1er août, la valeur du portefeuille de participationsgérée par l’Agence des participations de l »Etat s’élève à 71,83 milliards d’euros, dont 25, 31 milliards seulement sont cessibles A titre de comparaison, celle-ci s’élevait à 60,76 milliards d’euros le 3 juillet (cet écart s’explique en partie par l’envolée du cours d’EDF en juillet). Comme le rappelle la Cour des comptes dans son rapport sur les résultats et la gestion budgétaire de l’Etat, la législation impose notamment à l’Etat de détenir plus de 70 % du capital d’Electricité de France, la majorité du capital d’ADP et plus du tiers du capital de Gaz de France.

D’autres cessions sont donc en vue

Des cessions devraient donc intervenir ces prochaines semaines. Pour mémoire, le 1er juillet, l’Etat et le Fonds stratégique d’investissement (FSI) ont décidé de céder 9,5% du capital d’Aéroports de Paris à Predica, filiale d’assurance de Crédit Agricole, et à Vinci pour un montant total de 738 millions d’euros. Le 30 juin, Pierre Moscovici, le ministre de l’Economie annonçait la cession par l’Etat et le FSI d’une participation au capital d’Aéroports de Paris. Le produit de cession total s’est élevé à 738 millions d’euros, dont 303 millions d’euros pour l’Etat et 435 millions d’euros pour le FSI. En avril, l’Etat engrangeait 707 millions d’euros avec la vente de 2,1% du capital d’EADS. Un mois plus tôt, c’était 3,12% du capital de Safran qui était cédé au marché pour 448,5 millions d’euros. A qui le tour ? Choix difficile car l’actuel cours de beaucoup d’entreprises n’est pas particulièrement favorable à une cession.

 

Source : La Tribune

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28% des français sont à découvert chaque mois !

Plus de 60% des Français déclarent un compte bancaire dans le rouge au moins une fois par an, quand 28% sont à découvert chaque mois. La loi bancaire, qui sera adoptée jeudi, devrait mieux encadrer les frais imposés par les banques dans ce genre de situation.

Les Français ont du mal à boucler leur fin de mois. C’est ce que vient confirmer une étude du comparateur en ligne de frais bancaires Panorabanques.com, dévoilée ce lundi. D’après cette dernière, 65% des personnes interrogées déclarent un dépassement de leur découvert autorisé au moins une fois par an. Ils sont 28% à faire état d’un dépassement chaque mois. Un tiers des sondés seulement affirme ne jamais être dans le rouge.

D’après cette étude, les dépassements concernent surtout les Français les plus modestes, dont les revenus nets mensuels n’atteignent pas les 1500 euros. Dans cette catégorie, une personne interrogée sur trois avoue dépasser le découvert imposé par son banquier. À l’inverse, chez les Français gagnant plus de 3000 euros par mois, seule une sur huit franchit la limite. À noter que les femmes sont 32% à dépasser leur limite autorisée tous les mois, contre 24% des hommes.

Mieux encadrer les frais

Pour les habitués du dépassement de plafond, les frais peuvent parfois atteindre des sommets. Pour ceux qui sont dans le rouge chaque mois, le surcoût dépasse généralement les 240 euros par an, soit plus de 20 euros par mois, selon l’étude. Ces frais sont multiples, rappelle Panorabanques.com: commissions d’intervention (appliquée lorsque des opérations de paiement sont effectuées sur un compte dont le découvert est dépassé), facturation de la lettre informant le client de sa situation de dépassement non autorisé et surtout agios (taux d’intérêt appliqué au découvert). Tous ces frais varient fortement d’un réseau à l’autre. Globalement, «les Français en dépassement de leur limite autorisée une fois par mois ou plus ont des frais bancaires annuels près de trois fois supérieurs aux Français jamais en dépassement», ajoute l’enquête.

C’est dans le but de lutter contre les abus que le projet de loi bancaire, qui sera définitivement adopté jeudi, va instaurer un double plafonnement des frais de commission d’intervention. Le Parisien assure que pour le grand public, le coût sera limité à 8 euros par acte dans la limite de 80 euros par mois. Pour les Français les plus modestes, les frais seront abaissés à 4 euros par intervention pour un montant maximum de 20 euros par mois. Jusqu’ici, les prélèvements moyens par opération étaient compris entre 8 et 12 euros par acte et le plafond moyen fixé à 163 euros par mois. Pour les plus fragiles, les banques fixaient un plafond de 33,14 euros par mois. Les députés espéraient la mise en place d’un plafond unique mais une commission mixte paritaire a validé le double plafonnement défendu par les sénateurs et qui devrait être définitif. Fin juin, le ministre de l’Économie, Pierre Moscovici, avait en ce sens fait savoir que la gestion du double plafond était «préférable» au plafond unique.

 

Source : Le Figaro