L’article à lire sur l’Ukraine si vous voulez comprendre la crise

Pourquoi les manifestants veulent le départ du président ? Quelles sont les raisons des violences qui agitent le pays ? Quels enjeux cachent ce conflit ? Francetv info vous explique tout ce qu’il faut savoir sur la situation.

Un manifestant à Kiev brandit un drapeau ukrainien, le 20 février 2014.
Un manifestant à Kiev brandit un drapeau ukrainien, le 20 février 2014. (LOUISA GOULIAMAKI / AFP)

L’Ukraine s’enfonce dans la violence : jeudi 20 février, les affrontements entre manifestants et forces de l’ordre ont fait plus de 60 morts à Kiev, trois mois après le début de mouvements de protestation massifs.

Intérêts russes, accord avec l’Union européenne, pays divisé et images de manifestants ensanglantés : si tout cela s’emmêle dans votre esprit (on vous comprend), francetv info vous propose cet article pour y voir clair.

C’est quoi l’Ukraine ?

Comme vous pouvez le voir sur la carte, l’Ukraine est frontalière de la Pologne et la Roumanie à l’ouest, de la Russie à l’est. Le pays est un peu plus grand que la France métropolitaine (579 330 km2, contre 549 970 km2). Les 44,6 millions d’Ukrainiens parlent deux langues, l’ukrainien et le russe. Ils sont majoritairement orthodoxes.

L’Ukraine a été souvent dominée par ses voisins. A la rencontre de l’Europe et de la Russie, son nom signifie « frontière ». L’URSS a été le dernier pays à dominer l’Ukraine. Elle n’est devenue indépendante qu’avec sa chute, en 1991. Ce pays a été très important pour la Russie dont il a été « le grenier » puis le fleuron de son industrialisation.

En 2012, l’Ukraine se classait 78e à l’Indice de développement humain (IDH). Son indice est comparable à celui du Pérou ou de l’Iran. La France, elle, est 20e. Depuis la chute de l’URSS, la croissance ukrainienne fait le yoyo. En chute libre au début des années 90, elle rebondit au début des années 2000, avant de replonger brutalement en 2009, puis de reprendre. Aujourd’hui, la croissance est en berne (0,4% en 2013). Le pays a un gros problème de corruption. Transparency International le classe 144e sur 177 à l’indice de perception de la corruption, au niveau de pays comme la Centrafrique.

Quand est-ce que ça a commencé à mal tourner ?

Le 21 novembre 2013, Kiev suspend les négociations sur un accord d’association avec l’Union européenne. Les tractations duraient depuis cinq ans et la signature était prévue pour la semaine suivante. S’en suit une vague de manifestations à Kiev. Les protestataires réclament la signature de l’accord. Les manifestations sont violemment réprimées. Il y a de nombreux blessés. C’est un déclic.

Mais ce n’est pas tout. Dans les cortèges, des manifestants scandent « Ianoukovitch [le président] dégage ! » et brandissent des pancartes où est inscrit « Nous ne sommes pas l’URSS, nous sommes l’UE ». Dès le début apparaissent donc deux lignes de fractures : le rejet du président et le rejet de l’influence russe.

Attendez, je ne vois pas le rapport entre l’accord, le président ukrainien et la Russie. Vous m’expliquez ?

Commençons par le président Viktor Ianoukovitch. En 2004, il est élu président pour la première fois. Enfin, « élu » lors d’un scrutin truqué. D’ailleurs, ça ne passe pas. Deux jours après son élection, 500 000 personnes se rassemblent à Kiev en soutien à son opposant : Viktor Iouchtchenko, pro-européen. C’est la « révolution orange ».

Elle débouche sur une nouvelle élection présidentielle. Ianoukovitch, soutenu par Poutine, est cette fois battu par Iouchtchenko. Mais la « révolution orange » ne porte pas ses fruits et Ianoukovitch revient au pouvoir en 2010. Il se présente à l’époque comme plutôt pro-européen et son revirement a surpris les Ukrainiens qui l’ont vécu comme une trahison.

Il y a un autre aspect de sa personnalité qui déplaît. Viktor Ianoukovitch a des goûts de luxe qui s’accompagnent d’accusations de corruption contre son clan qu’il a placé aux postes clés. Le fils de Ianoukovitch est entré en seulement un an dans le club des cinq hommes les plus riches du pays. Car, comme l’explique Le Figaro, en Ukraine, business, politique et corruption sont indissociables. Le journaliste Roman Tsupryk explique au quotidien que l’Ukraine est une « kleptocratie qui freine la démocratisation et la modernisation du pays ».

L’accord avec l’UE est donc un prétexte pour les manifestants qui réclament un changement de régime et plus de démocratie.

Et la Russie ?

L’Ukraine a eu une histoire mouvementée. Elle est sujette à des tensions entre les populations de l’est et de l’ouest. A l’ouest, vers la Pologne, on trouve des populations ukraïnophones plutôt pro-européennes, nationalistes. A l’est, près de la Russie, des populations russophones plutôt pro-Ianoukovitch (il en est originaire) et pro-russes.

Les résultats du président Ianoukovitch à l'élection présidentielle de 2010.
Les résultats du président Ianoukovitch à l’élection présidentielle de 2010. (IVANGRICENKO / CREATIVE COMMONS)

C’est là que la Russie entre en jeu. Le président russe Vladimir Poutine veut une grande union eurasienne. Elle ne peut pas se faire sans l’Ukraine. De plus, le gaz russe exporté vers l’Europe transite par l’Ukraine. Enfin, l’Ukraine n’est pas qu’un enjeu économique et stratégique, pour la Russie, c’est aussi un enjeu symbolique. Qu’elle gagne le camp occidental fragiliserait le président Vladimir Poutine, qui n’a plus l’aura d’hier dans son propre pays.

Bref, pour la Russie, l’Ukraine doit rester un allié. C’est pourquoi Moscou a offert le 17 décembre un rabais de 30% sur le gaz et 15 milliards de dollars de crédit pour garder Kiev dans son giron. Une offre d’autant plus difficile à refuser que la Russie est le premier client de l’Ukraine.

Aujourd’hui, les manifestants ukrainiens reprochent aussi au président Ianoukovitch d’avoir bradé leur pays à Moscou.

Tous ces événements se passent en novembre et décembre. Pourquoi est-ce que la protestation n’est pas retombée depuis ?

En grande partie parce que le président Ianoukovitch ne cesse de louvoyer, faisant mine de lâcher du lest pour revenir avec plus de fermeté ensuite.

Début janvier, la situation a semblé se tasser. Mais, le 16 janvier, le mouvement de contestation est reparti de plus belle quand le régime a fait voter un chapelet de lois liberticides. Contraint de négocier, Ianoukovitch remanie son gouvernement, amende les lois, mais refuse des élections anticipées, maintient la répression et se fait porter pâle. Finalement, la contestation se durcit et compte des manifestants de plus en plus radicaux.

Et puis, mardi 18 février, une « offensive pacifique » dégénère. Les forces antiémeutes lancent une « opération antiterroriste » et marchent sur la place Maïdan où se trouvent les manifestants. Bilan : 25 morts. Alors que le bras de fer s’engage, le président semble encore une fois lâcher du lest en annonçant la signature imminente d’un accord politique. Coup de bluff ? Pour l’instant, les diplomates européens ne confirment pas.

Que font l’UE et les Etats-Unis ?

On ne peut pas dire que l’Union européenne a été très offensive sur ce dossier. Comme le remarque Le Figaro, l’Europe est « atone », intimidée par cette « grande puissance énergétique » (le Russie) et « guère pressée d’accueillir en son sein une Ukraine divisée ». La répression sanglante des derniers jours l’a un peu réveillée : elle envisage des sanctions et une troïka européenne (Allemagne, France, Pologne) est partie négocier à Kiev.

La mollesse de l’Union européenne a le don d’agacer les Etats-Unis. Dans un enregistrement publié le 6 février sur YouTube, la secrétaire d’Etat adjointe américaine pour l’Europe, Victoria Nuland, lâche un délicat : « Fuck the EU ! » (Que l’Union européenne aille se faire foutre !)

Mais on ne peut pas dire que les Américains ont été beaucoup plus actifs. Ils ont été refroidis par leur soutien à la Géorgie, en 2008, mâtée ensuite par les troupes russes. Et, comme le relève encore Le Figaro, Poutine est aujourd’hui le casse-tête de Washington, de l’affaire Snowden à la Syrie.

Comment cela va-t-il se terminer ?

Pour le moment, le pays est dans l’impasse. L’opposition ne tient pas la rue. Le régime a perdu en crédibilité. Moscou ne semble pas disposée à apaiser la situation. Les chancelleries occidentales semblent impuissantes. Le pire scénario serait une guerre civile généralisée, des Ukrainiens tirant sur des Ukrainiens.

Néanmoins, les oligarques qui entourent le président pourraient faire pression sur lui, de peur de voir le pays s’embraser ou de subir des sanctions européennes. Rinat Akhmetov, l’homme le plus riche d’Ukraine et le principal soutien financier du parti de Ianoukovitch, a condamné les violences meurtrières : « Les victimes humaines (…) sont un prix inacceptable pour des erreurs politiques. » Il a appelé à « revenir à la table des négociations et à ne pas arrêter une minute ce processus ».

J’ai eu la flemme de lire l’article en entier et j’ai scrollé vers le bas, vous pouvez me faire un résumé ?

Depuis novembre, l’Ukraine est agitée par des manifestations toujours plus violentes. L’élément déclencheur a été un accord d’association avec l’Union européenne. Une partie de la population y était très favorable, mais le président ukrainien y a renoncé au dernier moment. C’est que la Russie veut que l’Ukraine intègre sa future union eurasienne. Moscou redoute que son voisin ne quitte son giron.

Les Ukrainiens sont divisés depuis longtemps entre pro-européens et nationalistes à l’ouest et pro-russes à l’est. Mais ils sont de plus en plus agacés par leur président et la corruption de son régime. Les manifestants réclament plus de démocratie. Le président ukrainien a tergiversé pour tenter d’amadouer la contestation. Il a finalement opté pour la force face aux manifestants, mardi 18 février. Le pays est à deux doigts de basculer dans la guerre civile.

 

Source : France TV Info

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Rencontre avec la responsable des « Christian Women Against Femen »

 

Depuis leur apparition en Ukraine en 2008, les militantes « féministes » des FEMEN font preuve d’un activisme débridé (qu’elles appellent sextrémisme) pour défendre le « droit des femmes » ou s’attaquer aux religions (on se souvient notamment de leur action consistant à découper à la tronçonneuse une croix chrétienne en soutien aux Pussy Riots russes).

Ces derniers mois, les Femen ont également voyagé et essaimé en Europe de l’Ouest, et ouvert un local à Paris (au vu du salaire moyen ukrainien, il est toutefois peu probable que le local soit financé par les seules cotisations des militantes ukrainiennes), et agressé violemment les manifestants contre le mariage et l’adoption « pour tous ».

Diverses réactions en opposition aux Femen sont apparues, notamment sur Internet, avec un groupe Facebook « Muslim Women Against Femen ». Une autre initiative vient de naître en Pologne : « Christian Women Against Femen », qui a également lancé sa page Facebook. A sa tête, Maria Piasecka-Łopuszańska, 26 ans et mère de deux enfants, qui dirige également un mouvement féminin patriotique (Kobiety dla Narodu). Nous l’avons interrogée.

 

Maria Piasecka-Łopuszańska, responsable des « Christian Women Against Femen »

Maria Piasecka-Łopuszańska, responsable des « Christian Women Against Femen »

Novopress : Pourquoi avoir lancé le groupe des « Christian Women Against Femen » ?

Maria Piasecka-Łopuszańska : Les Femen usurpent le droit d’être le porte-voix des femmes et d’évoquer leurs préoccupations. Dans les faits, leurs actes et leurs modes d’action sont une insulte pour les femmes du monde entier. Elles insultent nos croyances et notre Église, et nous ne voulons pas rester passives face à ces agressions radicales contre la chrétienté.

Nous voulons aussi réveiller les consciences quant aux différences naturelles entre l’homme et la femme. De surcroit, les Femen desservent profondément la cause des femmes : manifester nues pour dénoncer la pornographie est totalement illogique !

Il était urgent de montrer le contraste entre la propagande et la surreprésentation médiatique des Femen et la réalité. Pour cela, Internet est un outil formidable et accessible à tous. Nous avons donc crée notre page Facebook, qui en une semaine était déjà suivie par plus de 3000 personnes. C’est déjà davantage que bien des pages nationales des Femen, et nous comptons bien progresser rapidement pour détrôner la page officielle des Femen.

Les Femen sont devenues célèbres par le biais d’actions spectaculaires. Envisagez-vous des actions de rue pour vous faire entendre ?

C’est envisageable, mais nous gardons le privilège de vous en faire la surprise le moment venu ! Pour le moment, nous devons agréger un maximum de soutiens de par le monde. Par la suite, nous pourrons faire usage de tous les outils de communication et d’action.

Pour le moment, des centaines de femmes de plusieurs dizaines de pays nous ont envoyé des photos avec un « message » pour les Femen. C’est une première étape, qui en annonce d’autres.

Shame on you Femen, un message sans ambiguïté

Shame on you Femen, un message sans ambiguïté

Vous dirigez le mouvement patriotique des « Femmes pour la Nation » (Kobiety dla Narodu). Pouvez-vous nous le présenter ? Quels sont ses buts ?

En Pologne, le mouvement féministe est maladroit : il s’en prend à la maternité, à la famille, à la religion et à la patrie, soit tous les éléments qui structurent et donnent de la force aux femmes !

Nous avons donc décidé de réagir en créant Kobiety dla Narodu, qui est dirigé par des femmes de sensibilité nationaliste. Nous n’entendons bien évidemment pas nous référer aux organisations féminines et « féministes » occidentales, mais aux organisations féminines patriotiques qui ont existé aux 19ème et 20ème Siècles en Pologne et qui regroupaient notamment des femmes issues de familles d’agriculteurs et de propriétaires terriens.

Nous voulons défendre l’indépendance des femmes et leur participation active au débat public. Nous nous battons pour que les jeunes mères de famille soient soutenues, et pour la libre expression de notre attachement au catholicisme et à l’amour de la patrie.

Nous sommes bien évidemment différentes des « féministes » dans la mesure où nous sommes pour la vie, que nous combattons la pornographie et que notre encadrement n’est pas constitué d’homosexuelles. L’objet de notre activité est également de préserver notre identité et notre culture, et non pas de lutter pour une hypothétique et douteuse « révolution sexuelle ».

Avez-vous établi des contacts avec d’autres associations féminines ?

Oui tout à fait. Dès l’origine, l’initiative des Christian Women Against Femen a été conjointement entreprise part les militantes de Kobiety dla Narodu et par les jeunes militantes du Jobbik hongrois.

En l’espace de quelques jours seulement, nous avons déjà établi des contacts avec des femmes du monde entier : en France, en Italie, en Croatie, mais aussi au Mexique, au Liban, en Indonésie, au Brésil, et dans bien d’autres pays encore.

Ces dernières années, plusieurs femmes comme Marine Le Pen, Krisztina Morvai ou Pia Kjærsgaard sont devenues des figures majeures de mouvements patriotiques en Europe. Comment l’expliquez-vous ?

Phénomène déjà apparu avec Margaret Tacher. De nos jours, les femmes participent à la vie politique et au débat public sans que cela ne choque qui que ce soit. Mais l’erreur serait de croire que les femmes ne s’orientent que vers des formations gauchistes ou libérales.

Les médias polonais ne sont pas pas habitués à voir des femmes s’engager dans des mouvements patriotiques, qui semblent surpris de voir des femmes soutenir ce qu’ils appellent parfois, et faussement, « la cause des hommes ». Il nous incombe donc de montrer la voie et de tordre le cou à leurs idées reçues.

Le Ruch Narodowy (Mouvement National), un mouvement patriotique polonais nouvellement créé

Le Ruch Narodowy (Mouvement National), un mouvement patriotique polonais nouvellement créé

Votre association fait partie duRuch Narodowy (Mouvement National), un mouvement patriotique polonais nouvellement créé par Robert Winnicki. Quels sont ses objectifs ? Quelle place y auront les femmes ?

A l’heure actuelle, le Ruch Narodowy ne se définit pas comme un parti politique, mais comme un mouvement social. Nous voulons créer une lame de fond patriotique en Pologne et permettre aux différentes structures nationalistes éparpillées de se rapprocher au sein d’une même plateforme. Notre plus grand événement est l’organisation d’une marche nationale le 11 novembre (date de la reconstitution de l’État polonais en 1918), qui a rassemblé en 2012 près de 100.000 participants.

Il n’y a pas de « rôle des femmes » particulier dans le Ruch Narodowy : nous sommes autant patriotes que les hommes, c’est tout autant notre cause et notre patrie que nous devons défendre. Le patriotisme est une valeur universelle : je peux difficilement imaginer un tel mouvement se construire sans femmes !

Une guerre déclarée officiellement par les « Femen Germany »

Une guerre déclarée officiellement par les « Femen Germany »

Un mot de conclusion ?

Nombre de nos militantes ont coutume de dire que nous sommes en guerre. En effet, nous sommes en guerre (qui nous a d’ailleurs été déclarée officiellement par les « Femen Germany »). Et les femmes ont leur rôle à jouer dans cette guerre : elles ont vocation à coopérer avec les hommes, et non à les imiter ou à vouloir se substituer à eux.

 

 

 

 

 

Source : Novopress.info et E&R

Les FEMEN seins nus à Notre-Dame de Paris pour fêter le départ de Benoit XVI

 

Une des images de leur site officiel, au non de l’égalité…, des testicules sont fièrement arborées…

femen

 

 

Vidéos et articles qui en disent un peux plus sur leur mouvement.

 

Les FEMEN : ni putes ni soumises ? (E&R) (Sam Révolte)

Alors FEMEN le jour, call girl la nuit ? (Homme Libre)

 

Le recteur de Notre-Dame porte plainte contre les Femen (Le Point)

Delanoë et Valls condamnent l’action des Femen (Le Point)