Auto-écoles: pourquoi le permis coûte si cher ?

Par Marie-Pierre Haddad publié le 22/08/2013 à 16:11, mis à jour à 18:30

Les auto-écoles pratiquent des tarifs qui varient du simple au double selon les villes, dénonce une enquête de la CLCV. Explications.

VIDEO. Auto-écoles: pourquoi le permis coûte si cher

Le coût moyen du forfait de 20 heures qui permet de présenter l’examen du permis de conduire varie du simple au double en France, selon une enquête de la CLCV.
AFP PHOTO/LOIC VENANCE

Passer son permis de conduire coûte deux fois plus cher à Paris qu’à Lille. C’est la conclusion d’une étude concernant le coût du permis de conduire publiée ce jeudi 22 août par l’association Consommation, logement et cadre de vie (CLCV). Cette étude dénonce d’énormes écarts de prix pratiqués par les auto-écoles.

Comment sont fixés les tarifs des auto-écoles?

Les tarifs appliqués dans les auto-écoles sont libres. Néanmoins, l’arrêté du 19 juin 1987 les oblige à afficher leur prix de manière visible à l’intérieur et surtout à l’extérieur du magasin. L’association estime que 13,12% des auto-écoles n’affichent pas leur prix. En cas de respect de l’arrêté, l’affichage de ce prix « est réduit à son minimum, car il ne comporte pas les différents frais administratifs », explique la CLCV. Un tiers des auto-écoles sont dans ce cas. « On peut certes supposer que l’information tarifaire est disponible à l’intérieur de l’auto-école, mais confronté au discours commercial rodé du professionnel, le consommateur risque de perdre le bénéfice d’un achat réfléchi », analyse l’étude.

Pourquoi cela coûte-t-il plus cher dans les grandes villes?

Autre point mis en avant par la CLCV: le coût moyen du forfait de 20 heures qui permet de présenter l’examen, varie du simple au double selon l’endroit de l’inscription. A Paris, un forfait à 20 heures pourra être facturé 1.425 euros, contre 780 euros à Lille. Le coût moyen du forfait dans toute la France est de 1.067 euros.

Selon Patrice Bessone, président national du syndicat CNPA, métiers des formations des conducteurs, la différence de prix entre Paris et les autres villes s’expliquent surtout par le coût du niveau de vie. « La location des locaux à Paris coûte plus chère. Les salaires sont aussi plus élevés, tout simplement parce que le coût de la vie au sein de la capitale est plus important ».

>> VIDEO: La gérante d’une auto-école parisienne justifie ses tarifs

Pourquoi cela coûte-t-il aussi cher globalement?

L’étude de la CLCV pointe surtout du doigt la mise en avant du forfait minimum à 20 heures, qui dans la majorité des cas ne suffit, d’où la nécessité de prendre des heures de conduite supplémentaires facturées entre 50 et 55 euros chacune. « Lors de l’arrivée d’un élève dans une auto-école, une évaluation est réalisée. Elle permet de fixer les besoins en heures avant le passage de l’examen de conduite. En aucun cas, nous ne fournissons un devis. Cette évaluation est amenée à changer en fonction des besoins de l’élève. De plus, nous ne pouvons pas obliger l’élève à prendre un forfait élevé s’il ne le désire pas », explique Patrice Bessone.

« Deux facteurs jouent dans la prise ou non d’heures supplémentaires, la disponibilité de l’élève et les délais d’attente pour passer l’examen », poursuit le représentant du CNPA. « Dans certaines grandes villes, le délai est si long que le candidat doit prendre des heures supplémentaires pour continuer à s’entraîner en attendant sa date de convocation. C’est notamment le cas à Paris. C’est pourquoi, il est nécessaire d’augmenter le nombre de jours d’examen afin de permettre à plus de candidats de le passer. Cela éviterait ce coût en heure supplémentaires ».

Que fait le gouvernement pour remédier à ces tarifs exorbitants?

La CLCV demande au gouvernement une homogénéisation des prix pratiqués dans les auto-écoles, sur tout le territoire français. Demande entendue par Benoît Hamon. Le ministre de la Consommation a déclaré ce jeudi 22 août au micro d’Europe 1 qu’il allait demander à la répression des fraudes de se pencher sur la tarification floue des auto-écoles.

De son côté, Patrice Bessone reste sceptique sur toutes initiatives de la part du gouvernement. « Le blocage des prix n’arrivera jamais et même s’il était mis en place il ne changerait rien à la situation ». Le président national du syndicat soupçonne même une augmentation des tarifs à prévoir si les mêmes prix étaient appliqués sur toute la France. Selon lui, le meilleur moyen de faire baisser les prix des forfaits est de « réduire les coûts fixes des auto-écoles, comme le carburant et les voitures ».

Source : L’expansion

C’est officiel , Detroit se déclare en faillite

 Devant le siège de General Motors à Detroit, le 11 janvier 2013.
Devant le siège de General Motors à Detroit, le 11 janvier 2013. (© Rebecca Cook / Reuters)

La ville américaine, qui fut le joyau de l’ère industrielle, a perdu la moitié de sa population en 60 ans.

Par AFP

Detroit, berceau de l’automobile, est devenue jeudi la plus grande ville américaine à se déclarer en faillite, selon des documents judiciaires consultés par l’AFP.

Un temps joyau de l’industrie, Detroit a perdu la moitié de sa population en 60 ans et les grands groupes ont progressivement abandonné la ville, portant un coup rude aux recettes fiscales. «Les habitants de Detroit (…) méritent une feuille de route qui leur permettra de sortir de la spirale qui les entraîne vers des services publics de moins en moins performants», a justifié Rick Snyder, le gouverneur de l’Etat du Michigan, dans une lettre qui accompagnait l’acte déposé auprès d’un tribunal. «La mise en faillite est l’unique solution qui permettra à Detroit de redevenir stable et viable», a-t-il poursuivi.

La ville de Detroit est passée de 1,8 million d’habitants en 1950 à 685 000 aujourd’hui. Ce mouvement s’est accompagné d’un exode massif des entreprises et d’un effondrement des recettes fiscales. Progressivement, nombre de services publics ont dû être réduits et, exemple le plus saillant de cette diète, l’éclairage n’est plus assuré dans certains quartiers la nuit.

Prise à la gorge, la ville avait annoncé le mois dernier qu’elle ferait défaut sur une partie de ses 18,5 milliards de dollars de dette.

 

Source : Libération